Le maire de Lyon, Grégory Doucet / (Photo by JOEL SAGET / AFP)

Législatives à Lyon : pour Grégory Doucet, la majorité présidentielle "perd son âme"

Le maire de Lyon a décidé de s’engager dans la bataille des législatives dans cet entre-deux-tours. Mardi 14 juin, il est à Paris pour soutenir Sandrine Rousseau (EELV) et d’autres candidats de la Nupes. Dimanche dernier, il était aux côtés des candidats écologistes lyonnais. Pour Lyon Capitale, il analyse les résultats du premier tour à Lyon et se dit "affligé" du ni ni à la carte de la majorité présidentielle.

Lyon Capitale : quels enseignements tirez-vous en tant que maire de Lyon des résultats du premier tour des élections législatives ?

Grégory Doucet : Quand on regarde les chiffres en pourcentage comme en nombres de votes, nous observons, un confortement. Le bloc qui correspond au périmètre de la Nupes se renforce élection après élection. Il y a une adhésion au projet porté par les composantes de ma majorité municipales qui sont aussi celles de la Nupes.

Est-ce que certains résultats dans des quartiers comme la Guillotière où vos candidats sont arrivés largement en tête vous satisfont plus particulièrement ?

Ce que je retiens, c’est que sur les quatre circonscriptions lyonnaises, nous sommes au second tour et que dans trois d’entre elles, nous sommes premiers et très largement devant dans la 3e circonscription. Bureau de vote par bureau de vote, il y a ici et là de bonnes surprises. Sur tous les bureaux du 7e arrondissement, Marie-Charlotte Garin est en tête partout ce qui est réjouissant. Les résultats globaux me font dire qu’il y a une forte adhésion à Lyon. Notre ville a embrassé le projet politique que nous portons et la transition écologique qui est au coeur de ce que nous portons. C’est le premier enseignement pour moi. Ce très bon résultat conforte notre action menéeau quotidien.


"À Lyon, nous avons pu démontrer que nous étions crédibles, légitimes et capables de transformer la ville par des politiques audacieuses" Grégory Doucet, maire de Lyon


Si vous saluiez dimanche “une soirée historique” pour la gauche, les projections en nombre de sièges vous sont défavorables. Rêvez-vous encore d’imposer une cohabitation à Emmanuel Macron ?

Nous ne sommes pas dans le rêve ou les supputations divinatoires, mais dans une campagne d’entre-deux tours où l’on doit mobiliser tous ceux qui n’ont pas voté au premier tour pour transformer l’essai. Nous pouvons montrer que nous ne sommes pas seulement la première force politique du pays, mais la première force à l’Assemblée nationale. Pendant l’entre-deux tour des élections municipales, il se disait à Lyon que ça allait être le chaos, le déclin de la ville. On nous a même comparés à Hitler. Nous avons essuyé des insultes. Nos adversaires voulaient faire peur. Et pour autant, alors que les sondages nous donnaient 36% d’intention de vote, j’ai fini à 52%. Quand nous faisons campagne, nous sommes porteurs d’espoirs. À Lyon, nous avons pu démontrer que nous étions crédibles, légitimes et capables de transformer la ville par des politiques audacieuses. Nous avons démontré nos capacités. Lyon devient une ville référence de la transformation écologique. Forts de cette expérience, nous pouvons franchir un cap et engager le pays dans une transition environnementale qui soit à la hauteur de l’enjeu.


"Quand vous n’avez pas d’idées, vous cherchez à faire peur", Grégory Doucet maire de Lyon 


Comment réagissez-vous quand vous entendez des cadres de la majorité présidentielle renvoyez dos à dos Nupes et le RN, l’extrême-gauche et l’extrême-droite ?

Quand vous n’avez pas d’idées, vous cherchez à faire peur. C’est l’illustration du vide idéologique de ce pouvoir en place. S’ils comparent un parti d’extrême droite fascisant avec l’union de la gauche et de l’écologie, c’est qu’ils n’ont rien à dire ni rien à proposer. Il n’y a que des républicains et des démocrates forcenés dans cette alliance. Ça m’afflige. C’est un argument de plus pour dire qu’il est temps de passer à autre chose. C’est de l’agitation sémantique pour tenter de faire peur. Il ne leur reste que la peur. Moi, je se suis là pour faire de la politique et dans cadre de cette Nupes, j’ai envie de faire bouger le pays, de le transformer. Les autres sont en train de perdre leur âme.

Grégory Doucet, le maire de Lyon, avec Jena-Luc Mélenchon, figure de proue de la France Insoumise. Photo : Aline Duchêne

Ce ne sont pas tant les écologistes que certains Insoumis qui sont accusés de ne pas être républicains par certains élus de la majorité présidentielle. Êtes-vous à l’aise avec l’ensemble des composantes de la Nupes ?

C’est le principe même de la démocratie que d’être dans le débat contradictoire et de faire ensemble. Dans ma majorité, j’ai des composantes différentes : des socialistes, des communistes, des Insoumis, des élus de Génération.s. J’arrive à travailler avec tout le monde. Nous avons parfois des divergences, mais nous savons, dans le débat et le dialogue, le gérer. Ce qui compte c’est le cap, l’essentiel sur lequel on est d’accord. Bien sûr, nous trouvons des cailloux sur notre route, mais nous les gérons. Le débat a lieu entre nous et il est sain. Il nous oblige à nous décentrer et est une source d’enrichissement. Nous travaillons dans une logique de consensus, de recherche de ce qui fait le commun. Cela fonctionne dans ma majorité et dans d’autres villes.

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