Ecole primaire René-Beauverie de Vaulx-en-Velin © Google Street View
Ecole primaire René-Beauverie de Vaulx-en-Velin © Google Street View

Vaulx-en-Velin veut en finir avec 40 ans de politique de la ville

Au côté de Julien Denormandie, ministre chargé de la Ville et du Logement, Hélène Geoffroy, la maire de Vaulx-en-Velin, David Kimelfeld, le président de la métropole de Lyon et Olivier Klein, le président de l’ANRU, ont signé une convention de renouvellement urbain dont le coût prévisionnel est estimé à 277,7M€. Un projet qui selon Hélène Geoffroy pourrait faire “quitter Vaulx-en-Velin de l'agenda de la politique de la ville” et donc à 40 années de plans banlieues.

Julien Denormandie, le ministre du Logement, était à Vaulx-en-Velin ce lundi pour la signature officielle de la convention de renouvellement urbain de la future zone “Grande Île” située sur l'actuel quartier du Mas du Taureau. Un projet dont le coût prévisionnel est estimé à 277,7 M€ dont près de 100 millions seront apportés par l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU). Un montant important pour une ville qui vit depuis 40 ans au rythme des projets de politique de la ville avec des succès pour le moins mitigés. Un constat fait par la maire de Vaulx-en-Velin, Hélène Geoffroy, qui croit beaucoup en cette nouvelle convention. “L’histoire moderne de Vaulx-en-Velin se confond avec celle de la politique de la ville. Aujourd’hui, il faut rompre avec la logique de recommencement permanent. Il faut plutôt prendre un temps d’avance à travers un développement durable qui intègre notre histoire. Parce que les villes populaires ont aussi une histoire”, a-t-elle déclaré. Un constat d’échec partagé par le ministre : “On parle de rénovation pour un quartier qui n’a que 50 ans.

Nouvelle approche

Jusqu'ici, les projets de l’Anru (lancée en 2004 par Jean-Louis Borloo, alors ministre délégué à la Ville) se limitaient majoritairement à de la démolition-reconstruction de l’habitant à travers ce que l’on appelait le Programme national de rénovation urbaine (PNRU). Une politique dont le succès n’a pas été démontré comme l’écrivait la Cour des comptes dans un rapport de 2012. Un PNRU qui a été remplacé par le nouveau programme national de rénovation urbaine (NPNRU), lancé en 2014 durant le mandat de François Hollande, à travers lequel l'État souhaite aborder la rénovation urbaine des quartiers avec une approche “plus globale”, a expliqué Julien Denormandie. “Si l’on fait de nouveaux quartiers, sans moyens de transport, sans accès au travail, sans accès à l’éducation, ça ne peut pas bien se passer”, a-t-il déploré. Une approche globale qui passera à Vaulx-en-Velin par de la démolition de logement et de nouvelles constructions, mais aussi par la sortie de terre de nouveaux équipements publics (école René-Beauverie, nouvelle médiathèque dessinée par l'agence d'architecture Rudy Ricciotti, des crèches, etc..), et par la venue sur le territoire de nouvelles entreprises.

La question du tramway ?

Actuellement desservie par les bus C3 et C8, la ville de Vaulx-en-Velin n'est pas reliée par une ligne de métro ou de tramway. “Une nécessité”, pour Hélène Geoffroy. “Le métro puis le tramway sont promis depuis 1977. Ça ne fait que 42 ans que nous attendons ce transport. Les habitants ont tous été patients au point qu'ils sont devenus des Saint-Thomas. Ils attendent de voir pour y croire”, a-t-elle lancé à David Kimelfeld, insistant à de nombreuses reprises, sous les applaudissements des Vaudais, sur l'importance d'un tel ouvrage pour sa ville. S'il n'a pas fait de promesse, le président de la métropole de Lyon a déclaré qu'il “n'est pas acceptable que certains habitants soient assignés à résidence”. Reprenant ainsi l'expression utilisée par Emmanuel Macron durant la campagne des présidentielles de 2017, M. Kimelfeld a assuré vouloir “prolonger le tramway de la Doua au Mas du Taureau”. Aucune date n'a été donnée et ce projet prendra du temps. Mais selon les mots d'Olivier Klein, le président de l'ANRU, “le renouvellement urbain sera vraiment fait à Vaulx quand la ville sera vraiment accrochée à la métropole”.

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