Queyranne, roi de la soirée

Avec 25,4 % des voix, le président sortant talonne Françoise Grossetête (26,4 %) et creuse l'écart avec Philippe Meirieu (17,8 %). L'autre grand vainqueur de la soirée est Bruno Gollnisch (FN), avec 14 %, qualifié pour le 2nd tour.

0h01 : Gros meeting ce lundi soir à la Cité internationale pour l'UMP. La défaite de Grossetête apparait presque comme une bonne performance, vue de Paris. L'UMP n'est en effet en tête que dans six régions, dont Rhône-Alpes. Eric Besson devait être l'invité de marque de cet événement : Xavier Bertrand et Hervé Morin se sont aussi invités à la dernière minute pour tenter d'impulser une nouvelle dynamique.

Les élus centristes dépités

23h50 : Qui sont les plus déçus de la soirée ? Sans doute les conseillers régionaux MoDem sortants, littéralement effondrés. "On aurait pu envisager une stratégie régionale", regrette Fabienne Faure. Comprendre : adopter une ligne différente de celle de Bayrou. En l'occurrence s'allier dès le 1er tour avec Jean-Jack Queyranne, comme celui-ci l'avait proposé. "On savait qu'on était sur une pente descendante. On n'a pas pu saisir cette chance alors même qu'on a un président de région qui est un authentique démocrate".

23h45 : Les candidats du Front de Gauche sont aussi contents de leur score que de l'élimination du MoDem : "on a réglé le problème de l'arc-en-ciel", a proclamé Marie-France Vieux-Marcaud (PCF). "On vient de faire la démonstration que l'on est une force qui compte (...) Aujourd'hui, la gauche est en capacité de gagner".

23h30 : Les résultats à Lyon tombent. Grossetête arrive en 1ere position avec 28,54 %, suivie par Queyranne (26,80 %), Meirieu (20,32 %), Gollnisch (9,77 %), Martin (5,34 %) et Begag (4,89 %)

23h15 : Azouz Begag n'était finalement pas chez lui mais au siège du MoDem à Villeurbanne, aux côtés de Richard Morales. Il s'est exprimé de façon laconique sur l'abstention et le score du FN. Pour Damien Thiebaut, conseiller national du parti, "c'est un échec national, une débâcle globale, ce n'est pas un désaveu de notre tête de liste". C'était un "coup dur" pour les conseillers régionaux sortants, comme Fabienne Faure. Thiebaut a exprimé une pensée pour Anne-Marie Comparini : il y a six ans, les centristes présidaient la Région. Ils n'auront désormais aucun élu...

Collomb félicite les présidents de région, pas Aubry

23h12 : De passage à la préfecture en début de soirée, Gérard Collomb a livré son analyse sur ce premier tour des élections régionales. Le PS est en position idéale dans la plupart des régions mais le maire de Lyon qui s'est souvent positionné contre Martine Aubry a refusé d'évoquer une victoire de la première secrétaire du PS. "C'est la victoire des présidents de régions et de leurs bons bilans. Je le vois au score de Georges Frêche. Les électeurs ont choisi de voter pour ceux qui font le maximum pour leur région. J'espère qu'en Rhône-Alpes, Jean-Jack Queyranne et Philippe Meirieu pourront faire un accord pour un véritable projet. Jean-Jack Queyranne est dans une top position pour remporter la victoire. Il a une réserve extraordinairement importante de voix à gauche", a déclaré Gérard Collomb.

23h00 : Comme la plupart des élus, à l'heure de commenter les résultats de ce premier tour, Nora Berra a commencé par parler d'abstention : "je suis déçue par le taux d'abstention, c'est l'ennemi de tous scrutins. Nous y voilà, au bout de six ans de mandature, Jean-Jack Queyranne n'a pas réussi à populariser cette instance". Questionnée sur la présence du Front National au second tour que redoutait la droite, la Secrétaire d'État aux Aînés était beaucoup moins prolixe : "nous aurons une triangulaire, comme en 2004. Nous allons tenter d'affaiblir le Front National en présentant notre projet qui est cohérent et pertinent". L'argument principal de l'UMP pour dimanche prochain réside chez leurs adversaires : "Le programme que nous proposerons au second tour sera le même que celui que nous avons présenté aujourd'hui. Il ne sera pas le fruit d'une pseudo négociation. En une nuit, on ne peut pas bâtir un projet cohérent. Cette nuit sera celle du syndicat des sortants".

Meirieu et Queyranne prennent la pose

22h55 : Meirieu et Queyranne ont-ils joué la complicité pour les caméras ? A quelques mètres l'un de l'autre dans les salons de la préfecture, le premier a interpellé un collaborateur du président sortant. "Dis à ton patron qu'on peut commencer à discuter", lui a-t-il expliqué, d'une voix forte. Queyranne, qui est en position de force, a ostensiblement tourné des talons.

22h45 : L'UMP mise sur les abstentionnistes et d'éventuels conflits entre Meirieu et Queyranne. Le député Michel Havard a affirmé : "Il faudra mobiliser les abstentionnistes pour gagner. La fusion entre Europe Ecologie et le PS va être très compliquée. Reste à savoir de quel programme ils vont accoucher, politicien ou non". Il anticipe du coup une fusion entre les deux listes de gauche.

22h30 : Georges Képénékian, adjoint PS à la culture, n'a pas l'air de jouir pleinement des résultats. En cause, le score du FN : "Ca me fait vraiment mal. Je suis écoeuré, ça me rend malade", a-t-il déclaré.

22h25 : Rappelons que le sondage TNS-Sofres-France3 donne l'UMP en tête en Rhône-Alpes avec 27 %, suivi par le PS (25 %). Europe Ecologie (17,5 %), le Front national (14 %), le Front de Gauche (6,5 %) et le MoDem (4,5 %)

22h22 : Le signe d'une alliance imminente ? Queyranne et Meirieu posent côte à côte devant les objectifs. "Maintenant, on va pouvoir travailler ensemble", a glissé le leader écologiste à Farida Boudaoud et Najat Vallaud-Belkacem (PS).

22h10 : Jean-Louis Touraine, adjoint PS de Lyon, est très satisfait des résultats. "C'est un désaveux très grave pour l'UMP. C'est un très fort encouragement pour nous au niveau national".

La revanche de Gollnisch

22h05 : Bruno Gollnisch est ravi. Il savoure sa revanche, lui que l'on voyait éliminé du 1er tour. "Le FN n'est pas mort", a-t-il plastronné devant les flashs des objectifs. A TLM, il a poussé un coup de gueule contre les sondages qui le donnaient à 8 %. "Nous sommes presque au double", s'est-il exclamé. Pour lui, soit les sondeurs "sont des nuls, soit ce sont des manipulateurs". "Si on nous avait donné à 15 %, peut-être nous serions à 20 % (...) Nous allons transformer l'essai". La tête de liste du parti frontiste s'en est pris au système électoral qui exclut le FN à 9 % dans d'autres régions, et le MoDem à 4,5 %.

22h00 : les candidats de l'UMP sont les derniers à être arrivés à la Préfecture. Les mines n'étaient pas déconfites mais ce n'était pas le grand soir pour la droite. Ils devraient, comme prévu, être en tête à l'issue de ce premier tour mais leur marge d'avance sur Jean-Jack Queyranne est assez faible : entre 1 et 2 points selon les estimations. "Tout est possible. Françoise Grossetête a réussi un bon score par rapport aux résultats nationaux. Que nous soyons bord-à-bord avec Jean-Jack Queyranne qui est le sortant, ce n'est pas un succès pour lui", se rassure Philippe Cochet, député-maire de Caluire et président de la fédération UMP du Rhône. Reste qu'avec un FN qui dépasserait les 10 %, c'est sûrement le pire des scénarios qui s'est produit.

"Le deuxième tour sera très difficile. La problématique, c'est l'abstention. Ce soir, nous avons vu que nous n'avons pas réussi à mobiliser notre camp", analyse Michel Forissier, secrétaire départemental de l'UMP. Françoise Grossetête refusait de voir le danger d'une triangulaire au second tour : "une partie des électeurs du Front National ne sont pas des extrêmistes. Nous allons nous adresser à eux cette semaine et aussi à ceux du Modem et aux abstentionistes. Nous allons nous battre et dès demain". Une manière de pointer du doigt les difficiles négociations qui vont débuter demain matin entre le PS, Europe Écologie et le Front de Gauche.

21h55 : Bruno Gollnisch, candidat du FN, a réservé sa première salve aux instituts de sondage qui "devraient mettre la clé sous le paillasson au mieux ou être traduits en justice". En effet, avec 14,4 % dans les estimations alors que les sondages le donnaient à 9 %, le FN fait un score inattendu. Il sera donc présent au second tour. Bruno Gollnisch espère y dépasser les 20 %. Concernant les accords entre Europe Écologie, PS et Front de Gauche, le candidat frontiste leur souhaite : "bien du plaisir" et cite Ravaillac : "la journée sera rude". Quoi qu'il en soit, il estime que le fort taux d'abstention traduit un rejet du système.

21h44 : dans les salons de la Préfecture, toujours pas de traces d'Azouz Begag ou de ses colistiers. Le seul représentant du parti de François Bayrou à s'être montré est Éric Lafond. Et celui qui a été écarté des listes a analysé le mauvais score du Modem qui ne passerait pas la barre des 5 % par deux erreurs commises : "se baser sur la stratégie de la notoriété (celle d'Azouz Begag) et ne pas avoir "suivi la ligne politique en mettant la barre à gauche toute". Et Éric Lafond d'enfoncer le clou sans vouloir jouer à "celui qui l'avait bien dit" : "nous avons divisé notre électorat par deux. On est jamais heureux d'être sur un champ de ruines".

Queyranne : "pas un accord a minima"

21h15 : A peine arrivé à la préfecture, le socialiste Jean-Jack Queyranne a été interrogé sur une probable discussion avec Europe Ecologie, en vue du second tour. "Il n'y aura pas d'accord a minima, en tout cas en ce qui me concerne, sur mon programme, a-t-il déclaré sur le plateau de TLM. Il faut rester dans les choix de la région, je veux un accord qui permette de faire vivre une majorité à la Région." Gargarisé par les bons scores annoncés en Savoie, mais aussi en Haute-Savoie, département plutôt placé à droite, Queyranne joue la position du leader à fond. Interrogé sur la possibilité de prendre Philippe Meirieu pour vice-président, le candidat socialiste a poliment répondu que, de tradition, le président prend quelqu'un de son bord pour travailler à ses côtés. "Quelqu'un de confiance", a-t-il résumé.

21h10 : Ambiance calme au QG de l'UMP. Les militants applaudissent Bayrou lorsqu'il prend la parole à la télé, ironiques. Grossetête (UMP) est déçue de la forte démobilisation de l'électorat UMP, au profit du FN. Plus que son score, c'est le résultat de l'extrême droite qui semble lui ôter toute chance de victoire, du fait d'une triangulaire. Elle estime avoir "des réserves de voix". Elle admet la défaite : "quatre ans de plus avec Queyranne, c'est le déclin de Rhône-Alpes". "Les Rhônalpins se sont trompés d'élection", a-t-elle confié, assurant être "une battante". Mustapha Ghouila (UMP) "en politique au 1er tour on élimine, au 2nd tour on fait son choix". "La politique, c'est pas du cirque, c'est ce que je veux dire à Begag", a-t-il conclu.

21h05 : Lutte Ouvrière arrive en dernière position avec 1,50 % des voix. "Même dans les milieux populaires, personne ne considère que les élections vont changer leur vie. Nous avons constaté que la colère ne s'exprimait pas pour l'instant, mais l'exemple grec nous montre que les choses peuvent changer très vite", a déclaré Vincent Goutagny, tête de liste LO dans l'Ain.

20h55 : "Il n'a jamais été question de se maintenir au 2nd tour", a rappelé Meirieu.

20h50 : Michel Dulac (Spartacus), crédité de 2 % est satisfait. Il réagit au fort niveau d'abstention : "il faudrait rendre le vote obligatoire pour éviter que les gens n'aillent à la pêche".

20h45 : Après quelques minutes de déception, Europe Ecologie a décidé de ne retenir que les motifs de satisfaction. "On s'installe comme la 3e force politique en Rhône-Alpes", explique Didier Jouve, élu régional sortant. Philippe Meirieu retient qu'Europe Ecologie a agrandi sa base électorale de quelques milliers de voix par rapport aux européennes de juin. Et pour eux, c'est déjà une victoire.

Lors de son arrivée au QG de campagne, le candidat écologiste a été longuement applaudi par la cinquantaine de militants présents. Il a, comme tous les candidats, déploré le fort taux d'abstention. "Je regrette cette désaffection de la politique. 14 % pour le FN, c'est catastrophique. Pour nous, 17,5 % c'est une belle victoire. Nous existons dans le paysage rhonalpin. En Rhône-Alpes, nous allons peut-être faire le plus beau score d'Europe Écologie en France. Nous pouvons en être fiers. Je souhaite que la négociation en vue de la fusion avec le PS se fasse très vite et à trois avec Élisa Martin", a commenté Philippe Meirieu.

20h40 : Le Front de Gauche est crédité de 6,5 % des voix. Elisa Martin, tête de liste, réagit : "nous avons atteint deux ds trois objectifs que nous nous étions fixés : augmenter notre score des européennes, faire plus que le MoDem. Par contre, nous n'avons pas battus le FN". Elle trouve particulièrement "terrible" le résultat du FN : "C'est la responsabilité du chef de l'Etat qui pointe toujours les étrangers comme étant la source des problèmes de la France. A force de faire des clins d'oeil au FN, une partie de l'électorat a préféré l'original à la copie".

Les premières estimations

20 heures  : Selon un sondage à la sortie des urnes TNS-Sofres-France3, l'UMP serait en tête en Rhône-Alpes avec 27 %, suivi par le PS avec 25 %. Europe Ecologie se place en troisième position avec 17,5 %. Le FN afficherait un score de 14 %, se qualifiant pour le second tour.

Au QG d'Europe Ecologie, c'est la soupe à la grimace, les sondages avaient annoncé le mouvement à plus de 20 %, les militants sont déçus mais espèrent encore que les résultats des grandes villes, qui viennent juste de clore leurs bureaux de vote, amélioreront ces estimations.

L'équipe de Meirieu envisage déjà de proposer au PS une répartition des sièges à la proportionnelle. Les militants se montrent catastrophés par les premières estimations concernant le Front National. Les écologistes refuseraient tout accord avec les socialistes avant mardi midi. Les négociations devraient pourtant commencer dès les prochaines heures.

19 heures 30 : Le Modem "n'a rien prévu" pour ces élections, Azouz Begag, tête de la liste centriste, "suit sans doute les résultats de chez lui", d'après son directeur de campagne. Au vu des sondages annonçant un Modem sous les 5 %, on parle même de la candidature de Begag comme d'une "expérimentation" pour le parti, visant à "voir si la France et les rhônalpins sont prêts à voter pour un homme issu de l'immigration". Sur le site des centristes, on annonce toutefois un rendez-vous pour tous les adhérents à 21 heures au bar de l'Etoile (3è).

A la permanence du parti socialiste, rue de Créqui, on ne reçoit tout simplement pas la presse. Jean-Jack Queyranne, président sortant, devrait arriver à la préfecture à 21 heures.

17 heures : le taux de participation dans le Rhône était de 36,99 %, en 2004 il était de 45,83 %.

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