Quel avenir pour Gerland ? La position des candidats

Fin des squats, des tractations, des procès. L’installation du Grand Stade à Décines, en vue de l’euro 2016, est désormais actée. Quid alors de Gerland ? Bien compliqué pour les candidats de se prononcer sur un plan de réaménagement de site qu’ils n’ont, pour la plupart, pas souhaité.

Le seul candidat à ne pas s'être opposé à la construction du stade de Décines reste finalement le maire sortant, Gérard Collomb. Les autres dénoncent un projet privé financé en grande partie par les deniers publics. Tous, en revanche, s'accordent sur un point : gérer l'après-OL à Gerland sera une grosse épine dans le pied pour le prochain maire. Le stade, bientôt vidé de ses supporters de football, perdra alors de son sens, du moins son utilité originelle. Quelle reconversion envisager pour ce monument historique bâti en 1919 ? En faire un stade de rugby pour le LOU, une sorte de site multisport pour le monde amateur ? Les candidats exposent leurs idées.

Préserver l'aspect sportif du site

Pour le Front de gauche, le maître mot est "accessibilité". André Kotarac, tête de liste "Lyon citoyenne et solidaire" dans le 8e, explique que les associations sportives lyonnaises "manquent globalement d'infrastructures". "Le départ de l'OL va laisser un grand vide à Gerland. Il faut maintenant s'en servir pour créer des choses nouvelles, accessibles pour le monde amateur. De beaux projets sont possibles avec de la concertation" promet le jeune candidat de gauche.

Comme on l'a dit, Gérard Collomb n'a jamais empêché la mise sur pied du projet de Décines. Il espérait que cela "développe l'Est lyonnais". On pouvait donc légitimement penser que le PS avait tout prévu, tout planifié concernant Gerland. Dans un communiqué, le maire répond : "après le départ de l’Olympique Lyonnais pour le Grand Stade de Décines, nous mettrons le stade de Gerland à la disposition du LOU Rugby". Fin de citation. Des accords ont-ils déjà été signés ? Rien n'est moins sûr pour le moment car le club de rugby de Pro D2 évolue toujours dans son enceinte "Matmut Stadium" à Vénissieux et les capacités de Gerland ne seraient pas adaptées à son public.

"Un énorme gâchis"

Chez EELV, on ne peut s'empêcher d'utiliser le mot "gâchis" pour évoquer Gerland. Rappelons qu'Etienne Tête, candidat dans le 5e arrondissement, était l'un des principaux adversaires de Jean-Michel Aulas sur le dossier Grand Stade. Bruno Charles, tête de liste dans le 7e, affirme que "techniquement Gerland aurait pu être agrandi, il n'y avait pas d'obstacle réel". Résigné, le candidat écologiste explique que "la seule chose désormais crédible, c'est que le LOU accepte de s'y installer".

Même constat d'échec pour le Front National. Paul-Alexandre Martin, directeur de campagne de Christophe Boudot, estime que "les Lyonnais font les frais des décisions prises en petit comité par Michel Mercier et Gérard Collomb". "Nous sommes opposés au projet de Décines depuis le début. Aujourd'hui nous devons ramasser les pots cassés. Gerland est un gros problème. On ne peut pas pour l'heure se prononcer, on reste des opposants" explique Paul-Alexandre Martin.

Faire appel à la concertation

L'UMP et le Centre n'ont pas de plan définitif et préfèrent eux s'en remettre à "l'appel à projet". Eric Lafond, par la voix de son chargé des relations presse, Stéphane Sacquepée, souhaite que l'utilisation qui en sera faite soit du moins accessible au plus grand nombre. "Gerland est un très bel équipement, qui est lié à l'histoire de Lyon et qui a également du potentiel, énonce Stéphane Sacquepée. Nous appelons donc à la concertation entre différents acteurs afin qu'un projet collectif soit mis en oeuvre".

Damien Gouy-Perret, attaché de presse du candidat UMP, explique que Michel Havard souhaite mettre en place un "projet semi privé/public" pour le site. Parmi les idées évoquées, figure celle de créer des logements étudiants dans des conteneurs, comme cela se fait dans d'autres villes, à Amsterdam notamment. Ces lieux d'habitation d'un nouveau genre seraient "installés" à divers endroits autour de l'enceinte. "Rien de définitif, rappelle Damien Gouy-Perret. Nous souhaitons que des projets soient proposés et nous étudierons ensuite la façon de les orchestrer".

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