Non cumul : Les socialistes lyonnais sceptiques

Gérard Collomb et Jean-Jack Queyranne, principaux concernés à Lyon, accueillent tièdement l'idée.

En parlant de la fin du cumul des mandats au sein du PS, Martine Aubry a fait un tabac devant les militants, ce week-end à La Rochelle. Du côté des élus en revanche, l'accueil est moins chaleureux. En Rhône-Alpes, les socialistes concernés tiquent. " C'est facile de jouer les militants contre les élus mais dans la réalité, c'est plus difficile ", lance Thierry Philip qui " s'inscrit dans le cadre de la loi " en étant maire d'arrondissement et vice-président de la région. Dimanche, Gérard Collomb avait déjà pris ses distances avec les intentions de la première secrétaire. De son côté, Jean-Jack Queyranne, président de la Région Rhône-Alpes et député du Rhône, commence par renvoyer la balle sur le camp d'en face : " la droite n'applique pas ce principe puisque l‘on peut être ministre et président de Conseil Général ". Michel Mercier appréciera. Le président de la Région plaide tout de même pour " une proposition de loi " déposée par le Parti Socialiste à l'Assemblée Nationale ou au Sénat afin que " la mesure soit nationale et concerne tout le monde ".

" Un intérêt à cumuler "

Mais, premier obstacle, la définition même du non cumul. La mesure vise-t-elle les mandats locaux ou le cumul d'un mandat local avec une fonction nationale ? Pour l'heure, chacun l'entend à sa manière. " Le mandat unique de parlementaire me parait assez logique. Pour les mandats locaux pourquoi pas ", déclare Thierry Philip. Jean-Jack Queyranne ne voit pas les choses de la même manière. Le chef de l'exécutif rhônalpin considère qu'il y a un " intérêt " à cumuler une fonction régionale et un travail de parlementaire. " Le cumul des mandats est le produit de la centralisation. Etre parlementaire et élu régional permet de se faire entendre à Paris, de faire valoir la politique régionale. "

Les militants socialistes se prononceront le 1er octobre prochain mais Thierry Philip considère d'ores et déjà que toute réforme est " infaisable avant les régionales ". Jean-Jack Queyranne, quant à lui, est candidat à sa propre succession à la tête de la Région et n'envisage pas qu'on lui " demande de démissionner " de son poste de député.

Lionel Poussery

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