Meirieu président de région : Europe Ecologie y croit plus que jamais

MEETING - Jeudi soir à l’ancienne patinoire de Grenoble, le grand meeting national d’Europe Ecologie a réuni 1200 personnes. De grosses pointures avaient fait le déplacement comme Eva Joly, Augustin Legrand et Noël Mamère. Toutes venues soutenir Philippe Meirieu, candidat à la présidence de la région Rhône-Alpes.

Jeudi, 20 heures, hall Clémenceau, à Grenoble. Europe Ecologie a voulu un meeting électoral, version melting pot, avec les députées européennes Eva Joly, Michèle Rivasi, l’associatif Augustin Legrand, ou encore l’ex-socialiste Pierre Larrouturou. Sous les spots verts et face à un fond d’écran fleuri, non loin de la buvette qui offre soupe et bière bio, et au son des instruments du groupe No Mad, les 900 chaises se remplissent.

Mamère : "nous ne serons pas les idiots utiles du PS"

Et les festivités sont lancées. « Nous sommes plus de 1200 ce soir, c’est un signe !  », s’exclame Noël Mamère, député Vert et maire de Bègles (Gironde), maître de cérémonie de la soirée. Tout le monde a en tête le score surprise des élections européennes de juin (17 %). Et Monsieur Mamère défie les statistiques : « Nous allons démontrer que nous sommes la 3ème force politique en France. Nous avons un projet et nous le défendrons en autonomie, nous ne serons pas les idiots utiles du PS. » Ainsi, c'est clair, pas d’alliance avec Jean-Jack Queyranne au premier tour !

Un programme écolo mais pas seulement

La soirée se déroule autour de deux tables rondes. La première concerne l’emploi, la formation et la reconversion écologique de l’économie. La seconde, la solidarité avec les chômeurs, les sans-abris, les mal-logés, les travailleurs pauvres, les agriculteurs, les PME, les ONG et les associations.

Europe-Ecologie fait plusieurs promesses : créer 50 000 emplois en inventant de nouvelles filières en Rhône-Alpes, développer la proximité avec des transports accessibles en moins de dix minutes, des AMAP, un plan régional pour la production de protéagineux (plantes à graines) afin de relocaliser l’agriculture, refuser de financer les biotechnologies et les OGM, aider à l’installation des petits producteurs.

Augustin Legrand, le président des Don Quichotte, après avoir défendu l’habitat coopératif et le logement social, s'indigne : « Cette campagne a du mal à exister sur le fond, elle existe avec des petites phrases, des affaires de personnes, cette façon de faire de la politique me choque profondément. » Il poursuit  : « Nous, nous faisons le pari de l’intelligence contre l’ignorance. Notre star, c’est notre programme !  ».

Des financements régionaux utiles

Michèle Rivasi, députée européenne fraîchement élue, dénonce pour sa part le financement par le conseil régional des lobbys industriels et pharmaceutiques qui, par exemple, développent les nanotechnologies dans les laboratoires de Minatech à Grenoble. Sur la même lancée, Eva Joly défend une société financièrement plus juste. Elle prend le temps d’expliquer les réformes qui « désarment la justice  », notamment les suppressions des juges d’instruction et du délai de prescription pour les délits cachés : « Cela concerne Rhône-Alpes, parce qu’ici aussi, il y a des gens qui détournent des fonds. » Elle insiste  : « Nous, nous défendons des finances propres et nous refuserons les cahiers des charges des entreprises qui passent par les paradis fiscaux. Nous défendrons aussi la fiscalité équitable. »

On va gagner, et on gagnera tous seuls !

Enfin, cris et applaudissements pour le clou du spectacle : le discours du champion, le pédagogue « mondialement reconnu », Philippe Meirieu, nouvelle recrue d’Europe Ecologie et concurrent direct de Jean-Jack Queyranne (PS), actuel président de Rhône-Alpes.

La prestation est hésitante au départ, bourrée de citations, très prof. Et, petit à petit, la voix s’amplifie. Moins pédagogue, plus politique, Philippe Meirieu fait l’apologie des énergies renouvelables comme la formation, la culture, le savoir et de la démocratie, « la plus belle des énergies renouvelables  » : « Nous voulons nous appuyer sur l’inventivité sociale. Les vices privés feraient la vertu sociale, mon œil ! Nous voulons de la lucidité, de la transparence, du débat public, des choix éclairés. »

Il se permet même une pirouette sur les énergies fossiles ou « fissiles », «  où les fissions partitaires entre présidentiables polluent la vie politique ». Pour conclure dans l’enthousiasme général : « nous serons en tête le 14 mars. Imaginez l’électrochoc si demain cinq, six régions nous revenaient. Fini le ping-pong droite-gauche. Ils seraient obligés de faire de la politique ! L’espoir est à l’ordre du jour, mes amis !  ». L’espoir peut-être, la victoire, c’est à voir.

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