Matignon, En Marche, un ministère ou Lyon : quel avenir pour Collomb ?

Premier soutien d’Emmanuel Macron, Gérard Collomb pourrait se voir récompenser dans les prochains jours. Il est actuellement à Paris pour conseiller le nouveau président de la République sur les investitures aux législatives et l’élaboration du gouvernement. À Lyon, ses proches sont persuadés "qu’il aura une place dans le dispositif”. Mais laquelle ? Tour d’horizon des possibilités qui s’offrent au maire de Lyon.

En début de semaine dernière, Gérard Collomb était catégorique : Matignon n’était pas pour lui en cas de victoire d’Emmanuel Macron. Et, non, il n’aspirait à rien. Dimanche, au soir de la victoire du leader d’En Marche, son épouse Caroline Collomb balayait aussi toute fonction ministérielle : “Gérard Collomb reste aux côtés des Lyonnais mais ça ne l’empêchera pas de continuer à aider Emmanuel Macron.” Ce lundi 8 mai, le maire de Lyon a livré un message légèrement différent : “Je n’ai aucun commentaire à faire”, a-t-il répondu quand il lui a été demandé s’il allait devenir ministre. Dans l’entourage du maire de Lyon, on renvoie aussi à une interview accordée à France Culture vendredi dernier. Après avoir vanté les mérites de son modèle lyonnais, Gérard Collomb s’est lancé dans un parallèle : “On a remis la ville debout. Je crois que ce qu’Emmanuel Macron va faire pour la France c’est exactement la même chose. Donc cela rentre en concordance, mais ce n’est pas pour cela qu’il songe forcément à faire de Gérard Collomb son Premier ministre. Quel que soit le cas de figure, je serai aux côtés d’Emmanuel Macron, j’étais à ses côtés il y a un an et je le serai demain, pour qu’il réussisse.” Homme de base et de confiance d’Emmanuel Macron, Gérard Collomb a très envie de continuer l’aventure. “Il s’entend bien avec Emmanuel Macron. Il a son écoute. À la différence des autres présidentielles, il n’a pas été exclu des premiers cercles au fil des ralliements. Il est resté en pole position avec Richard Ferrand [député PS secrétaire général d’En Marche!, NdlR]”, note un de ses proches. “Je le sens sur le départ”, s’inquiète un conseiller municipal PS qui redoute ce scénario. Alors, quel sera le rôle de Gérard Collomb auprès d’Emmanuel Macron dans les prochains jours ?

S’installer à Matignon ? Très improbable

C’est l’option que Gérard Collomb a lui-même balayée. Il faut dire que le maire de Lyon ne coche pas toutes les cases requises. Il aura 70 ans dans un mois et ne colle pas vraiment à la promesse de renouvellement de la classe politique. Encarté au PS depuis quarante ans, il ne casse pas non plus le clivage gauche/droite. Rien ne joue pour lui. D’autant plus que la fonction pourrait être confiée à une femme.

Un ministère important ou rien

Comme pour Matignon, Gérard Collomb ne coche pas toutes les cases. Mais son historique est moins problématique pour un simple ministère. Et l’entourage du maire de Lyon de voir dans son profil des qualités ministérielles : “Son âge lui permet d’apporter de l’expérience à Emmanuel Macron, qui n’en a pas. Il sait négocier et peut réunir des élus de gauche comme de droite. L’étiquette PS pose problème, même s’il est un socialiste iconoclaste.” Le nom du maire de Lyon revient dans de nombreuses rumeurs. Elles l’envoient à l’Intérieur, à l’Économie ou à la réforme des collectivités locales et à la politique de la ville. “Le problème d’un ministère, c’est qu’il faut laisser Lyon. Avant qu’il accepte de laisser la ville et la métropole, il faut lui proposer un énorme portefeuille”, note son entourage. Après avoir vu son ancienne protégée, Najat Vallaud-Belkacem, devenir numéro trois du gouvernement sous François Hollande, Gérard Collomb ne veut pas moins. Au vu de son importance dans l’aventure En Marche !, sa demande n’a rien d’illégitime.

Prendre le parti : le bon compromis

C’est une page blanche qu’ont à noircir les soutiens d’Emmanuel Macron. Des investitures aux législatives aux ministères, tout est à construire. La victoire d’Emmanuel Macron a aussi laissé vacante la présidence d’En Marche ! Le nouveau président de la République a démissionné de son mouvement ce lundi. Catherine Barbaroux a pris le relais, mais par intérim. Elle n’a pas vocation à rester à ce poste durablement. Pour de nombreux proches de Gérard Collomb, la présidence du mouvement transformé en parti “La République En Marche” ne présente que des avantages. En présidant l’appareil, Gérard Collomb pourrait jouer un rôle de tout premier plan au niveau national sans être contraint de laisser ses mandats locaux. “Aujourd’hui, le maire de Lyon n’apparaît pas dans l’organigramme, mais il a fait beaucoup”, note un de ses proches. “Il sera la cheville ouvrière du nouveau parti. Ça lui permet de rester à Lyon et de ne pas perdre la métropole”, imagine un de ses adjoints à la Ville de Lyon.

Rester à Lyon

Ce serait d’une certaine manière le choix de la raison. Ou plutôt de la contrainte. À la métropole de Lyon, Gérard Collomb est à la tête d’une majorité qui représente bien le positionnement d’En Marche : la gauche n’est pas majoritaire en sièges mais gouverne grâce à une alliance avec de nombreux maires Divers droite. Si Gérard Collomb venait à prendre la tête d’un ministère, il serait contraint de passer la main. La Ville de Lyon serait pour Georges Képénékian, qui l’accompagnait dimanche soir à Paris pour la soirée victorieuse d’Emmanuel Macron. David Kimelfeld hériterait lui de la métropole. Mais, de la gauche à la droite en passant par les centristes, ils sont très nombreux à redouter que la majorité socialisante ne survive pas à un départ de Gérard Collomb. “Si le maire de Lyon lâche la métropole, il la perd. Nous les centristes, nous n’accepterons pas que David Kimelfeld lui succède. Il est quand même le premier secrétaire fédéral du PS. Nous le connaissons moins bien que Gérard Collomb, qui a toujours su parler à tous les territoires”, pointe un élu centriste d’un des groupes qui cimentent la majorité à la métropole.

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