Gérard Collomb, Paul Bocuse et Olivier Ginon aux Bocuse d’Or © Tim Douet
Gérard Collomb, Paul Bocuse et Olivier Ginon aux Bocuse d’Or © Tim Douet

Lyon : le jeu trouble de Gérard Collomb avec l'Institut Paul Bocuse

La ville de Lyon a adopté lundi soir une subvention de 450 000€ en faveur du projet d’extension de l'Institut Paul Bocuse. Des travaux très largement réglés par la fondation G&G Pélisson dont Gérard Collomb est membre du conseil d’administration. Un mandat d'administrateur qui ne figure d'ailleurs pas dans sa déclaration d'intérêts à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique.

En période de campagne électorale, même les plus petits dossiers peuvent prendre un relief insoupçonné. Lors du dernier conseil municipal de la mandature, la Ville de Lyon a ainsi accordé une subvention de 450 000 à l’Institut Paul Bocuse, l’école de cuisine du défunt pape de la gastronomie, pour aider la création de nouveaux pôles de formation. Presque une paille au regard de l’ordre du jour qui comportait le vote du budget : 800 millions d’euros. Les élus écologistes et Les Républicains déplorent, lors de la séance, une subvention au profit d’un équipement installé à… Écully. “Lyon ce n'est pas Écully. Vous nous avez expliqué qu'il appartient désormais à la métropole de Lyon de porter mes grands projets de rayonnement de l'agglomération. Cela pose la question de l'opportunité d'affecter une somme proche d'un demi-million d'euros à un projet hors compétence directe et hors territoire de notre ville”, critique Stéphane Guilland, le président du groupe LR. “L’Institut Paul Bocuse participe au rayonnement de la ville”, tranche Gérard Collomb. La délibération est adoptée.

Conflit d’intérêts ?

Mais le rayonnement de l’école de cuisine profite-t-il seulement à la ville de Lyon ? Les travaux d’extension se chiffrent à 26,9 millions d’euros. Une partie de cette somme est réglée par la fondation G&G Pélisson : 8,8 millions d’euros. Elle est présidée par l’actuel président du groupe TF1 : le Lyonnais Gilles Pélisson. Elle a été créée par son oncle Gérard Pélisson, fondateur du groupe Accor et président de l’Institut Paul Bocuse. Cette structure définit ainsi son rôle : “la Fondation G&G Pélisson pour l’Institut Paul Bocuse a pour mission de soutenir et accompagner le développement de notre école et participer ainsi au rayonnement du savoir-faire français à travers le monde”. Le nom complet de l'assocaition est d'ailleurs sans équivoque : Fondation G&G Pélisson pour l'Institut Paul Bocuse.

Sur son site internet, il est possible de découvrir sa gouvernance. Et dans la liste des administrateurs apparaît le nom de Gérard Collomb. La délibération accordée à l’Institut Paul Bocuse pour ses travaux d’extension prend dès lors un autre relief. Le maire de Lyon s’est-il placé dans une situation de conflit d’intérêts avec cette délibération ? Gérard Collomb n'a pas financé directement un organisme dont il est membre, mais la proximité entre l'institut et la fondation G&G Pélisson pose question.

Ignorance ou négligence ?

Cette subvention amène à une autre question. Ce mandat d’administrateur de la Fondation G&G, le maire de Lyon a omis de la déclarer à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique. Pourtant obligatoire. Tous les mandats exercés par un élu doivent figurer dans sa déclaration auprès de la HATVP même s’ils sont bénévoles. “Vous nous avez appris que Gérard Collomb était administrateur de cette fondation. Il n'en a aucun souvenir. Il n'a jamais siégé au moindre conseil d'administration et dans ses agendas, il n'y a aucune mention à cette fondation. Il ne l'a pas déclaré à la HATVP car il ignorait en être membre. Il n'a pas perçu de rémunérations. Il va faire une modification”, explique-t-on dans son entourage ce mercredi en précisant que Gérard Collomb est membre honoraire en tant que maire de Lyon depuis novembre 2015. Quant au possible conflit d'intérêts, le cabinet du maire de Lyon l'écarte en pointant que “la Ville a subventionné l'Institut et non la fondation”. Un argument recevable même si les deux entités peuvent se confondre : l'état major de l'école de cuisine siégeant aussi au conseil d'administration de l'association.

3 commentaires
  1. Abolition_de_la_monnaie - mer 29 Jan 20 à 14 h 40

    La bonne vieille recette de "la soupe à la lyonnaise" ! 😀

    Souvenons-nous que Gérard Collomb légitimait le cumul de ses fonctions : "pour l'efficacité, la synergie".

    Alors... Vive la démocratie directe réelle. 🙂

  2. ALAIN CHAN - mer 29 Jan 20 à 15 h 03

    J'ai fait un rêve. Qu'enfin Gérard Collomb ne soit pas élu à la métropole et certainement pas à la présidence. C'est aujourd'hui un seigneur au-dessus de tous, il se considère comme tel. Il faut renouveler pour éviter ce type de conflits d'intérêt. Il est temps qu'il parte pour qu'évoluent les pratiques politiques. Mais qui vote Collomb et pourquoi ? Il est vraiment d'une autre époque. Je n'arrive plus à comprendre l'intérêt, il est esseulé et sa vision pour la ville est caduque. Il est aujourd'hui un boulet pour l'attractivité de la ville.

    1. Abolition_de_la_monnaie - mer 29 Jan 20 à 15 h 28

      "L'attractivité de la vie"... vous parlez comme un croissantiste ! 🙂
      Vous avez vu le film "le syndrome du Titanic" ?
      Alors changeons d'état d'esprit : arrêtons de créer de la pollution par nos transports et notre chauffage, rapprochons les lieux de travail des habitations, produisons ce que nous consommons tous les jours, etc.
      Et si ensuite des citoyens trouvent la ville intéressante, ils auront deux choix : venir si ça les amuse ou s'impliquer dans le lieu où ils vivent déjà pour qu'ils utilisent le même "modèle" ou l'adaptent à leur lieu.

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