Lyon : bientôt des logements à moitié prix dans la métropole ?

La métropole de Lyon a adopté ce lundi la mise en place d'un office foncier solidaire. Un “outil” qui permettra selon le Grand Lyon “de déconnecter le prix du logement de celui du foncier” dans une agglomération où ce dernier devient de plus en plus cher.

Un logement à 2780 € TTC par m² à Lyon ? C'est ce que prévoit la métropole de Lyon en adoptant ce lundi un office foncier solidaire (OFS). Ce dispositif adopté dans le cadre du Plan d'urgence pour l'accès au logement (lire ici) propose de “donner la capacité aux ménages les moins aisés d'accéder à une offre de logements accessibles”. Afin de réduire le prix des logements, l'OFS prendra en charge le coût d'achat du foncier et les acquéreurs payeront le coût du bâti. Le ménage versera, en plus de ses mensualités, un “loyer foncier” à l'OFS aux alentours de 1,5 € par m² et par mois. Ce montant ne devra pas dépasser les deux euros. L'objectif est de construire 450 logements neufs par an et de proposer 100 logements du parc existant dans le cadre d'opérations d'acquisition-amélioration. 400 logements de plus par an seront fournis par la vente de HLM. Le prix à la revente sera encadré par un bail réel solidaire. Pour le reste de la métropole, le prix au m² sera de 2230 € TTC.

“Je ne veux pas être le président des 10 000€ le m2 à Lyon”

Il s'agit d'une mesure en direction des classes moyennes pour que les citoyens aient un lieu de vie près de leur travail. Cela participe à la mixité sociale, mais aussi à la réduction des déplacements”, a déclaré Michel Le Faou, le vice-président en charge du dossier. Les primo-accédants seront sélectionnés en fonction de leurs revenus. Le seuil sera celui des plafonds de ressource des bénéficiaires du PSLA. “Nous voulons agir très vite sur les réserves foncières parce que je ne veux pas être le président des 10 000€ le m² à Lyon”, a exprimé le président de la métropole de Lyon. 4 millions d'euros seront investis pour constituer les fonds propres de cet office.

Dans l'opposition, François-Noël Buffet, le candidat LR aux élections métropolitaines de 2020, a estimé que s'il était “intéressant”, cet office ne “répondait pas au problème de fond d’embrasement des prix du foncier”. “Cela ressemble à une petite touche pour répondre à des enjeux électoraux”, a-t-il taclé en critiquant “l'incapacité” de l’exécutif à maîtriser les prix de l'immobilier. “C'est une brique parmi d'autres mesures. Je suis heureux de votre fougue qui, elle aussi, doit être complètement déconnectée de la période électorale”, a ironisé en retour David Kimelfeld. “Il ne faut pas se méprendre sur ce dispositif. C'est un outil supplémentaire dans notre boîte pour le logement. Nous sommes sur un territoire très attractif qui crée de l'emploi, mais aussi une difficulté d’accès au logement. C'est cela que nous souhaitons combattre”, a ajouté Michel Le Faou.

Pas d’encadrement des loyers

Les élus écologistes et socialistes ont aussi demandé “d'améliorer cette boîte à outils” en mettant en place “l'encadrement des loyers” à Lyon. “Les loyers ont progressé de 6 % en un an alors que l’offre disponible a baissé de 15 %. L’encadrement devient donc une nécessité sinon la fracture territoriale et sociale va s'agrandir encore”, a déclaré la sénatrice PS du Rhône Annie Guillemot. Une proposition de nouveau fermement écartée par la majorité de David Kimelfeld. “Quand bien même nous soyons dans une situation tendue, les loyers restent raisonnables sur notre territoire”, a conclu Michel Le Faou.

à lire également
La vigueur du marché immobilier lyonnais se traduit sur le segment du très haut de gamme. Avec des biens de luxe qui se vendent en quelques jours, à des prix records. Et une demande soutenue pour ces demeures de rêve, du boulevard des Belges aux monts d’Or, prisées des cadres supérieurs de grandes entreprises et d’expatriés sur le retour qui s’installent entre Rhône et Saône.
d'heure en heure
d'heure en heure

derniers commentaires
Faire défiler vers le haut