Marion Maréchal-Le Pen, aux Assises du FN, en février 2017, à Lyon © Tim Douet
Marion Maréchal-Le Pen, aux Assises du FN, en février 2017, à Lyon © Tim Douet
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L’Issep, nouveau théâtre des marionnistes

L’école de sciences politiques de Marion Maréchal-Le Pen ouvrira ses portes en octobre prochain, face à l’hôtel de région. Une expérience présentée comme apolitique et estampillée “vie civile” pour l’ex-députée, qui veut occuper le champ culturel. Et infiltrer au passage les réseaux économiques locaux.

Étudiante et directrice d’école. Inscrite en MBA à l’EM Lyon, Marion Maréchal-Le Pen sera aussi directrice opérationnelle de l’Issep. En retrait de la vie politique depuis la fin de son mandat de députée du Vaucluse en juin 2017, elle prendra la tête de l’académie de sciences politiques en passe d’ouvrir ses portes dans le quartier de la Confluence à Lyon. Une école privée de 30 à 60 élèves, recrutés à bac+3, qui délivrera des magistères (diplômes non reconnus) pour 5 500 euros l’année et des certificats de formation continue pour 1 900 euros, avec un tarif réduit pour les chômeurs. Son but : former les directeurs de cabinet mais aussi les têtes pensantes du FN de demain. La rentrée est prévue en octobre 2018, avec trois journées portes ouvertes d’ici là, et une inauguration le 22 juin. Un projet réfléchi en amont de son annonce, le 6 mars, par Marion Maréchal-Le Pen. C’est à Thibaut Monnier, secrétaire départemental FN de l’Isère, que l’ex-députée doit cette idée. “J’ai eu l’idée de lancer une école à Lyon, mais ensuite le projet a pris de l’ampleur, explique Thibaut Monnier. Ce projet a germé dans mon entourage, il est finalement né de manière collective.” Il dit avoir commencé à en parler avec la benjamine du clan Le Pen il y a un an, “à la fin de son mandat”. L’association a été enregistrée le 30 octobre 2017 (le décret est paru au JO le 11 novembre) et domiciliée… à Saint-Étienne.Dans la foulée, le site de l’Issep a été créé, le 13 novembre. Le président de l'association est Sylvain Roussillon, un militant royaliste, par ailleurs responsable de la société lyonnaise Janus International, qui gère la communication de Marion Maréchal-Le Pen, selon l'historien Grégoire Kauffmann*. Lui dément. "Je ne suis pas et n'ai jamais été responsable de la société lyonnaise Janus International. Je crois savoir en outre que cette société ne gère plus la communication de Marion Maréchal, écrit-il dans un droit de réponse envoyé par l'Issep, insistant encore sur son expérience "de collaborateur dans divers exécutifs locaux et auprès d’élus issus de la droite et du centre". Dix mois après le lancement de la revue L’Incorrect, “passerelle entre les droites”, selon son directeur, Arnaud Stephan, ex-dircom de Marion Maréchal-Le Pen, l’extrême droite marionniste entend donc poursuivre son occupation du champ “culturel” – “métapolitique”, pour les initiés. Le premier événement auquel a pris part la benjamine du clan Le Pen en tant que directrice d’école est la conférence “Débranchons Mai 68”, organisée le 31 mai par le magazine L’Incorrect, la veille de l’annonce du nouveau nom du FN… à Lyon. “L’Issep n’est pas un projet politique”, ne cesse de marteler Marion Maréchal, qui a d’ailleurs renoncé à son second patronyme pour “acter ce retour à la vie civile”. Mais, plus nous avons enquêté, plus nous avons eu du mal à le croire.

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