Les socialistes transportés, au Transbordeur

@ Etienne Bouy

Scènes de liesse et explosions de joie le 6 mai au Transbordeur. Les militants socialistes s’y étaient donné rendez-vous pour vivre ensemble l’élection de François Hollande à la tête de l’Etat. Réservés il y a 15 jours, les sympathisants de gauche ont, cette fois, laissé éclater leur bonheur. Récit.

Fête à tous les étages. Si pour le premier tour de la présidentielle, les militants socialistes avaient eu la victoire mesurée, ce ne fut pas le cas le 6 mai. La fédération socialiste du Rhône avait mis les petits plats dans les grands : transbordeur loué pour la soirée, écrans géants dans les deux salles, concert de rock, set de DJ’s, ligne de bus en direction de la salle renforcée… "Nous souhaitions à l’origine organiser un évènement place Bellecour, mais la météo incertaine nous a fait privilégier le Transbordeur", explique-t-on à la fédération. Le rendez-vous avait visiblement bien été pris, puisque avant 19h, près de 200 sympathisants de gauche s’étaient massés devant les grilles de la salle villeurbannaise. Drapeaux, pancartes, t-shirt floqué "Hollande 2012" et rose à la main, telle est la panoplie idéale du militant socialiste qu’il fallait arborer dimanche soir.

Beaucoup se sont déplacés en famille, le rassemblement se voulant trans-générationnel. Peu de temps après l’ouverture des portes, la première salle du transbordeur, qui peut contenir 300 personnes environ, devient trop petite. Le grand espace de spectacle est ouvert, ainsi que les extérieurs, mais rapidement, tout le Transbo est rempli. 1600 personnes ont répondu présent. Chacun se masse devant les écrans géants. Des résultats ont circulé sur les réseaux sociaux, mais personne ne souhaite les évoquer, de peur de "porter la poisse". Un frémissement parcourt le transbordeur, l’ambiance est électrique.

L’euphorie du résultat

A quelques minutes de l’annonce des résultats, le public est galvanisé, et à 20 h c’est littéralement l’explosion de joie. Des bouteilles de champagne sont sabrées, des confettis lancés, des cris de joie, des hurlements de bonheur et peut-être par-dessus tout, le soulagement de voir s’officialiser, ce que beaucoup pensaient savoir depuis quelques heures déjà. Les militants tombent dans les bras les uns des autres, alors que le dj joue l’hymne de campagne de François Hollande, le changement c’est maintenant. L’euphorie est à son comble et semble ne jamais vouloir redescendre. Lorsque Nicolas Sarkozy prend la parole à la télévision, son intervention est accueillie sous les huées… mais pas pour longtemps, puisque lorsque le président sortant sous-entend la fin de sa carrière en politique, la salle applaudit. "C’est la première fois que je suis heureux de l’entendre", annonce un militant. "C’est certainement son meilleur discours", estime-t-il.

Rester mobiliser

François Hollande prend la parole depuis Tulle. Certains militants, les yeux rivés sur les écrans, ne retiennent plus les larmes de joie. Chaque phrase du président élu, même la plus banale, est prétexte à une ovation. "Désormais, tout ne peut qu’aller mieux", affirme une militante. Le bref discours de leur poulain insuffle aux militants une nouvelle bouffée d’euphorie, s’il en était besoin. Les lumières du Transbo s’éteignent, l’heure est à la fête. Concert rock du groupe lyonnais Music is not fun et ambiance plus électro dans la grande salle. Jacky Darne, premier secrétaire du parti socialiste dans le Rhône, est attendu sur scène pour un bref discours. Au micro, il explique avoir été "retenu à la préfecture par les journalistes, surement au moins aussi heureux que nous de la victoire de François Hollande". "Rester mobiliser pour les législatives. Continuer à se retrousser les manches", c’est en substance le message qu’il est venu délivrer. Le public familiale quitte le Transbordeur, d’autres rejoignent la place Bellecour, où un rassemblement spontané a lieu. Il ne reste alors que moins de 500 personnes.

Nous serons présents

Mais très vite, l’affluence reprend, et le Transbordeur redevient le spot de la soirée pour les socialistes. Les cadres et les figures du parti font leur arrivée… Thierry Braillard, Thierry Philip, Pierre-Alain Muet, Jérôme Sturla, Georges Kepenekian… Très vite, 1200 personnes ont de nouveau pris d’assaut le Transbo dans une ambiance festive, à tel point que le bar est à cours de champagne depuis un moment. Juxtaposition assez improbable, dans la grande salle, où les militants ont envahi la scène, le dj joue I’m sexy and I know it du groupe LMFAO, avec en arrière-plan, des images de François Mitterrand.

Sur les écrans, les militants suivent le trajet en voiture de François Hollande, se rendant à la Bastille, en entonnant tous ensemble, Les copains d’abord, de Georges Brassens. Le président élu prend la parole depuis Paris. Tout le monde est attentif. " Nous avons reçu son message de mobilisation. Nous serons présents pour les législatives, il ne faut pas que nous soyons arrivés là pour que la victoire soit pas pleine", confie une militante. A la fin du discours, la fête repart de plus belle avec le titre dance Le changement c’est maintenant, sur lequel les militants improvisent... une chenille ! Il est 1h, la fête va se prolonger jusque tard dans la nuit.

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