Sarkozy et Mercier

Les Dialogues (Presque) Imaginaires > Episode 7 : Sarkozy / Mercier

Régulièrement, au gré de l’actualité et des différentes prises de position, retrouvez sur lyoncapitale.fr un feuilleton passionnant. Parce que, comme l’écrivait Paul Auster dans La chambre dérobée, "chacun sait que les histoires sont imaginaires. Nous savons qu’elles ne sont pas vraies même quand elles nous disent des vérités plus importantes que celles que nous pouvons trouver ailleurs". Dans ce septième épisode (presque) imaginaire, Nicolas Sarkozy, après avoir réuni "en off" des journalistes pour se défendre notamment de l’affaire Karachi, discute avec le Garde des Sceaux, en marge du sommet de l’OTAN à Lisbonne. Toujours "en off", bien entendu. Mais que fait la police ?

Nicolas Sarkozy : T’as vu, un peu, ce que je leur ai mis aux journaleux baveux ? ! MDR, comme disent les jeunes ! Est-ce que j’ai été trésorier de la campagne de Balladur ?

Michel Mercier : Non. On peut pas dire.

NS : Est-ce que j’ai été le directeur de la campagne de Balladur ?

MM : Non. On peut pas dire.

NS : Est-ce que j’ai été ministre de la Défense ?

MM : Non. On peut pas dire.

NS : Est-ce que j’ai été ministre du Budget ?

MM : Non. On peut pas dire.

NS : Comment ça "on peut pas dire" ? T’y comprends rien, toi. J’ai été ministre du Budget, mais c’est la faute à Charasse et à Mitrand.

MM : Ah pardon ! Oui, oui. On peut dire.

NS : Non mais franchement, tu vois le ministre du Budget qui va signer un document pour donner son aval à une société luxembourgeoise ? Pendant deux ans, on m’a poursuivi pour l’affaire Clearstream. Tiens, c’était Van Ruymbeke aussi, tiens. C’était le même, ah ça c’est curieux.

MM : Ouais, celui-là hein… Tu penses que c’est la même mécanique ?

NS : J’en sais rien moi, pfff. Je suis pas un spécialiste du Luxembourg, j’ai pas de comptes chez Clearstream.

MM : Non, c’est sûr. On peut pas dire. C’est comme toutes ces insinuations sur la campagne de Bayrou. C’est dégueulasse. C’est bien le seul homme politique qui n’a jamais mis les doigts dans le pot de confiture. Jamais ! Ja-met.

NS : J’en connais un autre…

MM : Ah bon ? Qui ça ? !

NS : Mais moi abruti ! Allo ? Allo ? T’es plus à Thizy-Ouzou là, faut te réveiller !

MM : Ah pardon ! Oui, oui. On peut dire. C’est comme le Millon, et son intime conviction. C’est vraiment n’importe quoi.

NS : On est dans un monde de fous, quand même. Y a pas un seul "journaleux" baveux qui croit que je vais organiser des commissions et des rétrocommissions sur des sous-marins au Pakistan, c’est incroyable et ça devient le premier sujet à la télévision !

MM : N’importe quoi, n’importe quoi. C’est comme cette histoire avec Vinci. Les types, ils se touchent.

NS : Mais je m’en fous, de Vinci ! De toute façon j’aime pas la peinture. Mais t’as raison, ils se touchent les journaleux baveux. Et toi, à ce propos –j’ai rien du tout contre toi- il semblerait que tu sois pédophile… "Qui me l’a dit ? J’en ai l’intime conviction". Les services. De source orale. Et ça devient : "Non, je ne suis pas pédophile".

MM : Mais… Mais… Je ne suis pas pédophile !

NS : C’est un exemple Michel, c’est pour dire.

MM : Ah pardon ! Oui, oui. On peut dire.

NS : Un jour, c’est sur Madame Bettencourt, un jour c’est sur Karachi, un troisième c’est sur Clearstream, un quatrième, c’est sur des comptes que j’aurais en Suisse. Je suis pas du tout agressif, d’abord je ne t’en veux pas, non mais attends, tu me trouves fâché ? D’abord tu n’es pas pédophile, non, je ne le pense pas, mais… C’est pas un fait. T’es pas fâché hein ?

MM : Non non, j’ai compris, c’est un exemple. C’est pour dire. On peut pas dire.

NS : J’espère que je t'ai pas coupé l’appétit !

MM : Non non, ça va, ça va. On peut dire.

NS : C’est sans rancune, hein, le pédophile ? On ne va pas courir en permanence après la dernière boule puante comme ça. Tu es sérieux Michel, tu es un professionnel. Fais ton travail ! Que ça te serve de leçon, aussi. Ce n’est pas à moi de faire ton boulot, c’est à toi, tu es un grand garçon…. professionnel. C’est à toi de voir si tu es manipulé ou non… Pas à moi. Tu me suis ?

MM : Tu veux dire… Que tu serais d’accord pour qu’on lève le secret sur tout un tas de documents qui permettraient peut-être de tirer tout ça au clair ?

NS : Mais mais tout à fait, mais tout à fait. Je ne suis pas d’accord pour qu’on déclassifie le… le… m’enfin, écoute ! On ne va pas tout déclassifier pour que les services secrets du monde se disent « l’information qu’on donne, ça va sortir ». Je ne suis pas… J’ai le sens de l’Etat. Et l’Etat, c’est moi.

MM : Ah pardon ! Oui, oui. On peut dire.

NS : Bon allez Michel, tout ça c’est bien beau, mais ça creuse. Ca m’a fait plaisir de discuter avec toi, "en off", ça m’a fait plaisir. Et tu connais la formule hein ? Ami pédophile, à demain !

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Michel Mercier aime les fusions. Celle du département et de la métropole lui a permis d’éviter de laisser le conseil général du Rhône en situation de banqueroute. Celle de Thizy avec cinq communes voisines a permis à son territoire électif de voir ses recettes bondir. Mais, passé l’effet d’aubaine, comme le pointe la chambre régionale des comptes, l’horizon s’obscurcit. Il dessine une forme de pyramide de Ponzi institutionnelle.
4 commentaires
  1. jerome manin - 24 novembre 2010

    🙂

  2. Hilarion - 24 novembre 2010

    Pour ceux qui nagent du matin au soir dans la bassine de confiture, mettre le doigt dans le pot ne relève pas de l'indélicatesse mais du réflexe naturel.

  3. jm - 27 novembre 2010

    C'est pour dire. On peut pas dire. On dirait du Tryph. Et pourquoi pas ?

  4. tueursnet - 30 novembre 2010

    Le président : Je ne suis pas fol »J’ai l’impression que tu commences à bien distinguer entre ta puissance et ta volonté de puissance… pour le moment les deux sont réduites à néant… Et avec ton récent remaniement, tu n’as fait qu’aggraver la disproportion… genre style… Petite reine à la traîne qui rappelle les vieux de la vieille pour paraître moins à l’antenne… Mais ton peuple ne te suivra pas, parce que ce ne sont pas des friandises qu’ils réclament de toi, mais : du pain, du vin et du Boursin ! Le peuple ne t’acceptera plus tel que tu es apparu, humble alors qu’il t’a connu superbe, mesuré après lui avoir inspiré la démesure, sage après avoir été la folle du logis.http://www.tueursnet.com/index.php?journal=Causette

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