Les ambitions de Chabert

À Villeurbanne, on se demandait quelle pourrait être sa "patte". Il l'a dévoilé la semaine dernière, démontrant qu'il n'a rien perdu de son goût pour les grands projets urbains. Il en détaille quatre. En premier, "la Feyssine Valley". Il s'agit d'un réaménagement ambitieux de la Doua et du quartier voisin de Saint-Jean, "à l'abandon", qui pourrait accueillir "des entreprises de haute technologie". Ensuite, "les Balcons de la Côtière", berceau de la ville, auquel il veut "redonner le lustre qu'il a pu avoir par le passé", notamment par un réaménagement paysager et une requalification des cours Tolstoï et Blum.

Troisième projet, le Tonkin, qu'il veut transformer en "éco-quartier exemplaire" et en supprimer "l'urbanisme sur dalle". Enfin, Chabert entend "réaffirmer l'identité de Villeurbanne", en prolongeant les Gratte-Ciel, avec une nouvelle tour écologique de 50 mètres, autosuffisante en énergie.

En matière d'urbanisme, Chabert entend encore planter 5000 arbres, et offrir des espaces verts de qualité tous les 500 mètres, imposer que tous les logements nouveaux soient HQE et adaptés aux handicapés et aux personnes âgées, "végétaliser" les murs pignons, créer un "plan lumière", "réintroduire l'art dans la ville", et notamment l'art mural, réhabiliter l'habitat "pour qu'il n'existe plus, dans 6 ans, un seul appartement non réhabilité depuis moins de 15 ans"... Chabert assure que tous ses projets sont "parfaitement raisonnables", presque trop. "Villeurbanne, à l'heure actuelle, attend en tout et pour tout 6 millions d'euros du Grand Lyon, quand 85 millions sont dépensés à la Duchère, ou 65 millions au Confluent... Ces dernières années, Villeurbanne a été négligée par le Grand Lyon et par l'Etat, parce que la mairie n'a rien demandé, n'a présenté aucun projet..." assure-t-il, avant de conclure : "Villeurbanne est la 27e ville de France. Qui le sait ? On le savait à l'époque d'Hernu..." On attend la réplique du maire socialiste, Jean-Paul Bret, ancien adjoint à la culture et lui aussi féru d'urbanisme.

Deux questions à Henry Chabert

Après votre défaite aux législatives en juin dernier, qu'est-ce qui vous fait croire que vous pouvez gagner aux municipales ?
Je suis là depuis un an de plus. Je connais mieux la ville, et je démontre un engagement durable. Au premier tour des législatives, j'ai obtenu 37 %... Du jamais vu pour la droite à Villeurbanne ! Au deuxième, j'ai fait 46 %... C'est mieux que 42 !* Et puis on sait qu'il y a eu l'histoire de la TVA sociale, la démobilisation des électeurs de droite et la position du candidat du Modem...

Richard Moralès (Modem) avait en effet appelé à voter pour votre concurrente PS, en lâchant des mots très durs à votre endroit...
J'ai oublié. Et ce n'est rien par rapport à ce qu'il dit sur Bret ! Quand vous montez dans un avion, vous ne demandez pas aux deux pilotes de s'aimer, mais de vous amener à bon port. Il y a une chape de plomb sur Villeurbanne, et beaucoup de gens qui ressentent le besoin de la faire sauter. Pour réussir au deuxième tour, ce serait bien que tous ceux qui veulent le changement soient alliés. Je ne dis pas que ce sera facile, mais je crois que c'est possible.
* Allusion aux 42 % crédités à Dominique Perben (UMP) à Lyon dans deux sondages

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