Le miraculé est de retour

Coquin, il a appelé la veille de l'entretien pour glisser des idées de question. Il sera de passage à Lyon mardi.

Votre axe, c'est le souverainisme de gauche. Qu'est-ce qu'il y a de souverainiste chez Ségolène... ?
Je me dis républicain plutôt que souverainiste. Cela dit, la gauche doit résoudre un problème majeur depuis le référendum du 29 mai 2005. Il faut réorienter la construction européenne. C'est l'objet de l'accord politique que nous avons passé entre le PS et le MRC, qui prévoit de mettre l'Europe au service de la croissance et de l'emploi, de réformer le pacte de stabilité, d'instituer un gouvernement économique de la zone euro, de réformer les statuts de la Banque centrale, de lutter contre l'euro cher, de reconstruire une préférence européenne...

Comme Ségolène Royal, vous incarnez à gauche une certaine rigueur, voir rigidité, et des valeurs morales perçues comme "de droite". Est-ce votre principal point commun ?
Je ne dirais pas "rigidité", ni "de droite". Elle partage avec moi certaines valeurs de base, républicaines et solides, notamment sur la sécurité ou la nation. Nous incarnons la nation républicaine et nous n'avons pas l'intention de laisser la France à Le Pen. Sur la sécurité, Ségolène Royal a heurté certaines sensibilités de gauche, qui feraient mieux de réfléchir à la nécessité de ne pas opposer répression et prévention. Il faut les deux.

Vous avez renoncé à votre candidature, en échange de députés pour votre parti, le MRC... On ne vous savait pas du genre à renoncer pour un plat de lentilles !
Non, comprenez ma démarche. Si je n'avais pas été candidat, je n'aurais pas pu retirer ma candidature sur la base d'un accord politique. J'ai été candidat pour des idées, qui ont été reprises par Ségolène Royal. Sur les circonscriptions, il ne faut pas être hypocrite, les idées sont soutenues par des hommes et des femmes. Il faut donc que le MRC ait des circonscriptions réservées comme le PRG et demain les Verts et le PCF.

Avez-vous eu peur d'être accusé, à nouveau, de faire perdre la gauche ?
Cette campagne était injuste et inepte à la fois ! Le 21 avril 2002, c'est 19 millions de voix qui se sont portées dans l'abstention, le vote nul et aux extrêmes. S'il a manqué au candidat socialiste 190 000 voix, il faut en chercher les raisons dans sa politique et dans sa campagne. Comme l'a dit François Hollande, il a manqué au candidat socialiste un projet. C'est ce projet qu'il faut maintenant mettre sur pied pour faire gagner Ségolène Royal, contre M. Sarkozy, qui est un homme dangereux, à l'international par son inféodation à M. Bush, à l'intérieur par sa démagogie et par son soutien à tous les communautarismes - ce n'est pas vraiment un candidat républicain... Et qui ne voit derrière M. Sarkozy toutes les têtes du Cac 40 ? C'est le candidat du grand capital financier ! Est-ce que les Français veulent être mangés à cette sauce là ?

Ancien ministre de l'Intérieur, que pensez-vous du bilan de Nicolas Sarkozy ?
C'est un homme trop agité, dont l'expression est trop brutale, pour qu'on puisse dire qu'il est un bon ministre de l'Intérieur. Des indicateurs très préoccupants, 40 % d'augmentation des violences contre les personnes en cinq ans, montrent qu'il n'a pas réussi. Les émeutes de banlieues ont sanctionné l'abandon de la police de proximité, que j'avais lancée. Il a laissé se développer la délinquance des jeunes parce qu'il ne lie pas sécurité, citoyenneté et éducation. Ce que je reproche le plus à M. Sarkozy, c'est le changement de la doctrine policière. J'avais privilégié la police de proximité. Lui a mis en place une police d'intervention, qui interpelle, mais souvent à l'aveuglette puisqu'elle ne connaît plus les quartiers. Elle intervient quand le délit est commis, mais c'est trop tard ! Moi je voulais mettre "du bleu" dans les quartiers, lui il a mis des compagnies de CRS autour des quartiers, pour faire des contrôles d'identité qui sont très mal perçus.

Vous venez à Lyon, notamment pour participer à un colloque sur le thème : "Quelle énergie pour la France ?" Que pensez-vous de la proposition récente de Ségolène Royal de réduire la part du nucléaire en France ?
Le nucléaire est une énergie à bas prix, sans émission de gaz à effet de serre, qui ne provoque pas de vraie dépendance à l'extérieur. Il faut faire confiance à l'esprit humain, à la connaissance, aux valeurs de la science... La France est une grande nation scientifique, et elle a des atouts exceptionnels sur le nucléaire, qu'il faut préserver. C'est le texte même de l'accord MRC-PS. Il ne faut pas sombrer dans une société de la peur. On ne peut pas vivre terrorisé du matin au soir, de la naissance à la mort. Il faut aussi remettre en avant le risque, la conquête, l'audace, l'optimisme. C'est ainsi que nous ferons gagner la France !

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