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Irak : Placé évoque une action de la France “comme au Mali”

Le sénateur Europe Écologie-Les Verts Jean-Vincent Placé était ce mercredi l’invité politique de Sud Radio. L’élu de l’Essonne a évoqué une possible intervention française en Irak sous l’égide de l’ONU, “si la situation dégénère”. Au niveau national, il appelle au rassemblement de la majorité, pour “faire infléchir la politique économique” du Gouvernement.

La France a-t-elle bien fait d’envoyer des armes aux peshmergas qui luttent contre l’Etat islamique en Irak ? "C’est en tout cas une très belle initiative de la France, dans le concert international où l’on n'entend pas du tout l’Europe", a réagi le sénateur EELV Jean-Vincent Placé, au micro de Sud Radio, lui qui prévoit déjà que d’autres mesures seront nécessaires. "Il faudra réfléchir, peut-être, à une intervention des Nations unies, si cette barbarie devait continuer. Et je ne suis pas un interventionniste forcené", prévient-il.

Quelle serait alors la nature de cette intervention ? "Très concrètement, si l’avancée des djihadistes n’est pas contenue par l’intervention des forces du Kurdistan irakien, par les peshmergas, par le PKK et par le gouvernement irakien uni, avec l’aide des frappes américaines et de l’armement français, si la situation dégénère tellement que le khalifat progresse vers ces zones-là, et plus précisément vers Tikrit, Erbil et Bagdad, il faudra une intervention comme nous avons pu le faire au Mali", répond Jean-Vincent Placé. Comprendre par là : "envoyer des hommes sous l’égide de l’ONU".

Collectivités locales : un coup de ciseaux excessif

Le sénateur s’est également exprimé sur la situation politique nationale, alors que le Gouvernement fait sa rentrée ce mercredi, avec de nouveaux défis économiques en vue. "On a besoin, au-delà de la compétitivité des entreprises, de ménager le périmètre européen, la consommation nationale et l’investissement public et privé. Je le dis depuis deux ans déjà, sans avoir attendu les frondeurs", appuie Jean-Vincent Placé, qui diagnostique aujourd’hui "un déséquilibre trop orienté vers les entreprises".

"Je n’ai rien contre les entreprises, sauf qu’il faudrait cibler et prioriser, plutôt sur la formation professionnelle, plutôt sur la recherche, plutôt sur l’environnement des entreprises qui investissent et qui embauchent", préconise l’élu écologiste. "Il faut redonner du pouvoir d’achat aux ménages les plus modestes et tenter de revoir la copie budgétaire par rapport aux collectivités locales. Elles supportent aujourd’hui 70 % des investissements publics. Heureusement qu’il y a les régions, les départements, les agglos qui investissent. Le coup de ciseaux de 10 milliards sur les collectivités locales est excessif", détaille le sénateur, qui appelle à "redonner des marges de manœuvre aux collectivités locales, aider la consommation populaire et continuer à aider les entreprises de façon plus ciblée".

Faire infléchir la ligne économique

Autant de points qui, selon lui, doivent faire partie du débat de la rentrée. "Le Gouvernement doit écouter sa majorité, et l’autoritarisme ne fonctionnera pas. Je dis ça au Gouvernement, mais aussi aux frondeurs et à mes propres amis écolos. Il ne faut pas en rajouter dans la division et même dans la diatribe systématique", professe-t-il, avant d’affirmer vouloir "infléchir la ligne économique, sociale et écologique du Gouvernement". Son appel à l’unité n’est pas désintéressé : "Dans cet infléchissement il faut se respecter, parce que je n’ai jamais vu des gens qui changent de ligne sous la critique permanente."

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