Faut-il en finir avec le PS ? Pierre-Alain Muet répond (2/5)

Que nenni ! Les querelles intestines ont redoublé. Fiasco des européennes, guerre de phrases assassines, des cadres qui se prennent pour des incendiaires, la vie du PS est un peu devenue un soap opéra. A Lyon, nous n'échappons pas à la règle. Gérard Collomb, le sénateur-maire de Lyon, n'a pas manqué une occasion en 2009 pour rajouter de l'huile sur le feu. Il a contesté l'ordre des listes pour les européennes avant d'avouer qu'il voterait PS "avec difficulté". A quelques semaines de l'université du PS à La Rochelle, l'avenir du parti socialiste paraît bien compromis. Toute la semaine, un élu socialiste répond à la question : faut-il en finir avec le PS ?

Ce mercredi : Pierre-Alain Muet, député et conseil communautaire au Grand Lyon. Il est proche de l'ancienne direction du PS et de Lionel Jospin.

"Le problème du PS, c'est d'abord qu'il y a des tas de personnes qui pensent à elle et à leur candidature. Ce n'est pas le parti qui fonctionne mal mais les gens qui pensent à la présidentielle. J'ai le sentiment que le PS est dans deux univers différents. Dans le groupe à l'Assemblée nationale, nous travaillons bien et les divergences disparaissent. Mais une fois à l'extérieur, ce n'est plus pareil. Et puis les députés qui parlent de 2012, ce ne sont pas ceux qui sont les plus présents et les plus impliqués. Le vrai problème du PS est aussi celui du leadership. Depuis Jospin, il n'y en a plus. Séparer le choix du candidat de celui du premier secrétaire a été une erreur. Il faut une seule personne pour incarner ces deux fonctions. Nous avons besoin d'une leader. C'est ce qui nous empoisonne la vie politique. Supprimer le PS peut être une autre idée. On pourrait faire une grande fédération de la gauche. Mais la seule possibilité pour le faire, c'est d'avoir un grand leader. Le PS a toujours une raison d'être. Je suis convaincu que la social-démocratie est la réponse à la crise que nous traversons. Ce qui nous mine, ce sont les stratégies personnelles car sur les questions de fond, nous sommes tous plutôt d'accord. Martine Aubry a d'incontestable qualité mais elle n'a pas gagné le Congrès de Reims avec une majorité assez large pour asseoir sa légitimité. Aucune majorité ne se dégage. Comme nous n'avons pas de leader, des aventures personnelles apparaissent. Nous avons déjà connu cette situation à la fin des années Mitterrand. Le PS ne fonctionne bien qu'avec des leaders incontestables. Si Delanoé avait gagné le Congrès, il aurait pu être ce leader. On parle beaucoup de primaire ouverte pour désigner le candidat pour 2012 mais la multiplication des candidats ne fait que rendre la situation inextricable. Aujourd'hui, nous avons déjà cinq ou dix personnes qui tentent d'exister en se démarquant des autres. Avec un vrai leader, cela n'arriverait pas. On peut en sortir lors d'un prochain Congrès ou en désignant un candidat pour l'élection présidentielle. Après, on ne se posera plus la question de l'avenir du PS."

Propos recueillis par Paul Terra

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