Najat Vallaud Belkacem © tim douet_0081

Egalité des sexes : que veut Najat Vallaud-Belkacem ?

La ministre lyonnaise veut faire baisser les écarts de salaire entre les hommes et les femmes. Parallèlement, elle propose de diminuer la durée du congé parental et de mieux le rémunérer afin d'inciter les hommes à en prendre une partie. Explications.

Réduire les inégalités entre les hommes et les femmes, c'est le cheval de bataille de Najat Vallaud-Belkacem. Après la prostitution, son ministère s'est attaqué aux inégalités sur le marché du travail. Dans le cadre des négociations ouvertes le 18 septembre par Michel Sapin, portant sur la sécurisation du marché de l'emploi, la Lyonnaise espère faire plancher les partenaires sociaux sur ce thème.

Taxer les entreprises qui sous-payent les femmes

"En France, les femmes gagnent toujours 27 % de moins que les hommes en moyenne" s'est-elle inquiété, à Lyon, le 17 septembre. "Une partie de cet écart s'explique par les secteurs de bas salaire où travaillent beaucoup de femmes, par le temps partiel, ou par les carrières freinées par les patrons qui se méfient des congés paternité. Mais il reste 9 % inexplicables".

Et pour faire baisser ces écarts de salaire, la ministre va demander aux entreprises d'appliquer, d'ici la fin de l'année, la loi de novembre 2010 sur l'égalité salariale. Celle-ci leur impose déjà théoriquement des négociations et l'élaboration d'un plan d'égalité professionnelle. Dans le cas contraire, elles sont taxées jusqu'à 1 % de leur masse salariale. Mais dans les faits, "60 % des entreprises de plus de 600 salariés n'ont toujours pas de plan d'action" regrette NVB. En cause, un décret d'application inapplicable. Un nouveau décret – applicable celui-là- est en préparation. Il est attendu pour la fin octobre.

Aider les femmes au sortir de leur congé parental

Parallèlement, la ministre veut modifier le congé parental. Pris par environ 650 000 personnes chaque année en France, dont 97 % de femmes, il pourrait être réduit et mieux rémunéré comme en Suède, où les parents bénéficient d'un congés plus court (9 mois environ), et rémunéré à 80 % de leur salaire contre 550 euros par mois en France. Une idée qui pourrait inciter plus d'hommes à le prendre, ou à le partager avec la mère.

La difficulté avec le congé parental selon la ministre réside surtout dans "le retour à l'emploi". Si elle admet qu'elle ne fera pas de miracle en terme de création de places en crèches dans les 5 prochaines années, NVB veut "préparer ce retour à l'emploi dès le début du congé, prévoir un bilan de compétences et une formation, ou un emploi aidé permettant de remettre le pied à l'étrier". De quoi leur offrir une "réassurance personnelle", un certain "leadership" espère la ministre.

Pour ce faire, elle a demandé à huit régions pilotes dont Rhône-Alpes de réfléchir à des formations. Leurs propositions sont attendues pour le 8 mars prochain, date de la prochaine journée de la femme.

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