CES MAIRES QUI RENONCENT

Alors qu'il était coutumier de voir leurs prédécesseurs occuper leur fauteuil de maire une trentaine d'années, certains édiles jettent l'éponge après une ou deux mandature. Le phénomène est encore plus important dans les petites communes. Dans certains cantons du Rhône, plus de 50 % des maires sortant ne se représenteront pas. Jean-Jacques Pignard, maire de Villefranche-sur-Saône et président de l'Association des Maires du Rhône confirme : "Lors des dernières élections municipales de 1995 et de 2001, le renouvellement des maires a été de l'ordre de 40 % dans les communes rurales." Au sein des communes du Pays de l'Arbresle, trois maires dont celui de l'Arbresle ont déjà déclaré ne pas repartir pour un tour et deux se tâtent encore.

Qu'est ce qui pousse les maires à ne pas se représenter ? Bien souvent, c'est l'âge mais aussi la lassitude face à leurs responsabilités. M. Pinet, le maire de Sarcey, petit village de pierres dorées, comprend ses collègues : "dans les petites communes, c'est toujours la faute du maire ! On fait tout ! On n'a pas de police, il faut faire du social...C'est presque un temps plein pour une rémunération qui n'est pas exorbitante !" Jean-Paul Colin, maire d'Albiny, confirme : "Un maire doit être disponible 24 heures sur 24. Dans les petites communes, il n'y a pas assez de structures suffisantes pour déléguer. Le maire et ses adjoints sont sur le pont en permanence ! Être maire c'est parfois un sacerdoce !" Si la loi a assoupli les conditions de mise en jeu de leur responsabilité civile et pénale, les maires doivent remplir des fonctions administratives qui s'avèrent souvent fastidieuses. Pignard l'explique : "Les maires reçoivent chaque jour un nombre de textes importants. Dans les communes rurales, ils n'ont pas de services à leur disposition qui peuvent leur synthétiser comme dans les plus grandes communes". Ce qui explique peut-être la tendance inverse des grandes villes où les maires en place cherchent à conserver leur fauteuil le plus longtemps possible à l'instar des indéboulonnables Gerin et Charrier

4 maires qui se désistent

Jean-Jacques Pignard (UDF), Villefranche-sur-Saône.
Pignard ne se représentera pas.
"Je n'en ai pas marre mais j'avais annoncé la couleur aux Caladois que ce serait le dernier mandat."

Alain Jeannot (UMP), Caluire.
" Il vaut mieux laisser sa place lorsque l'on est au sommet de son parcours ". Manière de "garder la face" alors qu'il a été évincé au profit du député Philippe Cochet ?

Jacky Darne (PS), Rillieux-la-Pape.
Il s'est désisté en 2005 au profit de son premier adjoint.. "J'ai effectué deux mandats, c'est une forte responsabilité mais à un moment il est bien de passer le témoin à ses collègues plus jeunes."

Claudine Frieh (UMP), Saint-Didier-Mont d'Or.
"Je m'étais dit que je ne ferai que deux mandats. Je me présente au Conseil général donc j'ai besoin de plus de disponibilité."

Vaulx-en-Velin : la lutte des gauches

Elu depuis 1977, Maurice Charrier entend repartir pour un tour à la mairie de Vaulx-en-Velin. Mais cette fois, son élection ne sera pas une simple formalité. Le PS a en effet une candidate, Hélène Geoffroy, conseillère générale du canton et adjointe déléguée à l'emploi à Vaulx-en-Velin. Même si Charrier a plutôt un bon bilan à Vaulx, elle attaque : " Je pense qu'il faut mettre fin à une façon paternaliste de travailler. On veut changer de pratique et l'action de Charrier ne correspond pas à la façon dont les socialistes veulent agir à Vaulx-en-Velin." Soutenu par diverses formations de gauche, Charrier souhaite que le PS rejoigne son équipe ce qui est loin d'être gagné. "On ne veut pas d'accord d'appareil !", a tranché Hélène Geoffroy. Chaude ambiance en perspective.

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