Aubry perturbe le couple Moscovici - Collomb :

L'été semble propice à faire avancer les tractations en vue du prochain congrès, qui se tiendra à Reims en novembre. Dernier épisode : le rapprochement entre les motions de Martine Aubry, Pierre Moscovici, Arnaud Montebourg et Marylise Lebranchu. Moscovici s'étant préalablement rapproché de la "ligne claire", la motion des "baronnies" menée notamment par Gérard Collomb, on pourrait en déduire que Collomb soutient désormais Aubry... Eh bien pas du tout. Ce serait bien trop facile. Dans l'entourage du maire on explique que Collomb est toujours proche de Moscovici, qu'il doit d'ailleurs revoir pendant l'été, mais qu'il ne s'est pas pour l'instant rapproché d'Aubry, même si une rencontre est là aussi envisagée dans les prochaines semaines.
Vous avez compris ? Non ? Un petit décryptage s'impose. Le maire de Lyon n'a pas changé de position : il ne rejette personne a priori, mais ne veut pas qu'un présidentiable prenne la tête du PS. "C'est top tôt, il faut d'abord rénover le PS sur le fond" expliquent ses proches. "La ligne claire" souhaite au contraire que le candidat à la présidentielle de 2012 soit désigné dans deux ou trois ans lors de grandes primaires à gauche.
Pour les amis de Collomb, il faut donc tout faire pour éviter que Martine Aubry, Bertrand Delanoë ou Ségolène Royal ne remplace François Hollande comme premier secrétaire du PS à la fin de l'année. A la place, ils verraient bien quelqu'un comme Pierre Moscovici. Pour parvenir à leurs fins, ils sont prêts à s'allier à peu près avec n'importe qui... Aubry, Hollande, Delanoë ou Royal, à condition qu'ils renoncent à être premier secrétaire.
Collomb fait ainsi le pari tactique de rassembler derrière Moscovici tous ceux qui chercheront en priorité à ne pas perdre. En clair, si Martine Aubry sent qu'elle n'a aucune chance, elle pourrait rejoindre le mouvement. Resterait alors en lice principalement Royal et Delanoë, et deux scénarios : soit ils se font la guerre jusqu'au bout. Soit, au dernier moment, l'un d'eux se sent décroché et se dit qu'il faut avant tout empêcher l'autre de gagner... Il rejoindra alors "la ligne claire" et Collomb aura gagné son pari.

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