A Lyon, des scores historiques

Jamais candidat n'avait atteint un tel résultat. Tour d'horizon des neufs arrondissements submergés par la vague fuschia.

1er arrondissement
Perrin reine des pentes
En 2001, la socialiste Nathalie Perrin-Gilbert avait remporté le 1er arrondissement avec 36 % des voix, cette fois, elle le conquiert dès le premier tour avec 58,6 %. C'est un véritable plébiscite pour Nathalie Perrin, très appréciée sur le terrain, là où Ségolène Royal n'avait fait "que" 40 % à la présidentielle l'an dernier, et alors qu'une liste "à gauche de la gauche" réalise 13,1 %. En face, la radicale Fabienne Lévy, qui a fait une campagne brouillonne et à l'emporte-pièce, réalise le plus mauvais score de la droite à Lyon : 18,5 %.
2e arrondissement
Le dernier bastion de la droite
Bastion de droite, le 2e arrondissement est celui qui résiste le mieux à la vague rose. Mais pas au point de rester à droite dès le premier tour, malgré l'union de la droite réalisée autour du maire sortant Denis Broliquier qui totalise 45,8 % des voix. Tête de liste "Aimer Lyon", Nadine Gelas emporte 38,6 % des voix, alors qu'elle n'obtenait que 25,44 % en 2001. Mais cela ne devrait pas suffire à faire basculer le 2e à gauche et permettre à Collomb de réaliser le grand chelem.
3e arrondissement
Philip, l'incroyable revanche
C'est historique ! L'arrondissement le plus peuplé de Lyon, traditionnellement ancré à droite, bascule à gauche dès le premier tour. C'est un camouflet pour l'UMP Dominique Perben qui n'emporte que 30 % des suffrages, et un triomphe pour Thierry Philip (Aimer Lyon) qui réalise 52,8 %. Le directeur du centre Léon Bérard lave ainsi l'affront fait à son frère Christian, qui avait été délogé de cette circonscription par Dominique Perben. Il est aussi récompensé pour sa campagne dynamique et chaleureuse qui a su, sur cette terre d'élection barriste, fédérer bien au-delà de la gauche.
Avec 7,3 % soit trois fois moins qu'à la présidentielle, Eric Lafond, tête de liste Modem, semble seulement emporter les voix des irréductibles du Modem.
4e arrondissement
L'exception croix-roussienne
Dominique Bolliet est le seul maire d'arrondissement de gauche à ne pas être réélu dès le premier tour. Les 166 voix qui lui ont manqué sont peut-être le signe d'une moindre adhésion à sa personne même si le candidat PS progresse quand même largement (il passe de 32,72 % à 49,5 % des voix). Face à lui, l'UMP Emmanuel Hamelin sauve l'honneur avec un petit 30,8 %, en revenant en 2e semaine. C'est presque gagné pour la liste Collomb, mais comme les jeux sont faits dans la plupart des arrondissements, le 2e tour de ce scrutin d'arrondissement pourrait être plus fantaisiste.
5e arrondissement
Comparini fait perdre Havard
C'est une grosse surprise ! Alors que le 5e arrondissement était régulièrement donné perdant pour la gauche, la maire sortante Alexandrine Pesson, pourtant assez ras-des-pâquerettes, l'emporte dès le premier tour. L'équation personnelle de Michel Havard, jeune député UMP qui pourrait assurer à Lyon la relève politique à droite, n'a pas suffi à endiguer la vague rose. Facteur décisif : les collaborateurs d'Anne-Marie Comparini, l'ex-députée du secteur, se sont alliés à la gauche et ont apporté une vraie valeur ajoutée à la liste menée par Pesson.
6e arrondissement
Heidi contre les ultras
C'est là aussi historique ! Dans cet arrondissement, réputé bastion de la droite, la liste Aimer Lyon, constituée de nombreux personnes issues de la société civile et conduite par la dynamique directrice de clinique Heidi Giovacchini, arrive seulement 380 voix derrière la liste Perben avec 43,3 % contre 45,3 %. "Ce score, nous le devons au bilan de Gérard Collomb, et à notre liste d'ouverture qui correspond bien, dans le profil, aux attentes des électeurs du 6e. En face, avec le villiériste Patrick Louis ou le milloniste Amaury Nardone, ils étaient trop marqués par les ultras. C'était too much pour le 6e qui est finalement assez modéré. Il ne faut pas oublier que c'est la terre d'élection de Barre" commente Heidi Giovacchini. Pour la première fois, la victoire de la gauche est possible.
7e arrondissement
Flaco sans rival
C'est un ras-de-marée pour la gauche ! Avec 57,9 % des voix, le maire sortant Jean-Pierre Flaconnèche l'emporte dès le premier tour sans aucune difficulté. Face à lui, Pierre Delacroix, ex-milloniste issu de la société civile et tête de liste Perben, réalise un piètre score de 23 %.
8e arrondissement
La diversité ne fait pas recette
La vague rose est particulièrement forte dans le 8e où le premier adjoint de Collomb, également député PS, Jean-Louis Touraine l'emporte dès le premier tour avec 58,3 % des voix. "Les Lyonnais nous ont dit "on vous fait confiance", et aussi "au secours ! On a besoin de vous pour nous protéger contre la dureté des temps et contre certains candidats de droite qui adoptent des pratiques agressives et inquiétantes" commente Jean-Louis Touraine. En dépit de l'absence du Modem (invalidé) sur cet arrondissement, la liste Perben conduite par Nora Bera, seule tête de liste issue de la diversité, réalise un score très médiocre de 24 %.
9e arrondissement
Collomb l'invicible
Dans un fauteuil ! La liste conduite par Gérard Collomb, qui fut maire de l'arrondissement de 1995 à 2001, est plébiscitée avec 63,1 % des voix, le plus beau score de la gauche à Lyon. Même si elle fait mieux qu'Amaury Nardone en 2001 (18,61 %), la milloniste Blandine Reynaud obtient un mauvais score, en-dessous de la barre des 20 % dans cet arrondissement où tout était joué d'avance.

à lire également
Dans son classement des villes en fonction de leur action pour la qualité de l'air, Greenpeace lançait un avertissement à Lyon qui prépare la construction d'une nouvelle autoroute urbaine. L'ONG condamne le "greenwashing" et "l'écocide" de Gérard Collomb qui prétend que son projet serait "écologique".

Les commentaires sont fermés

d'heure en heure
d'heure en heure


derniers commentaires
Faire défiler vers le haut