Rapport sur l’égalité homme-femme : un rejet "consternant"

Mardi 11 mars le Parlement européen a retoqué un rapport sur l’égalité homme-femme présenté par la Portugaise Ines Christina Zuber. Il lui a manqué 9 voix, 87 écologistes se sont abstenus. Najat Vallaud-Belkacem dénonce "un rejet consternant".

Mardi 11 mars, le Parlement européen a rejeté le rapport sur "l’égalité homme-femme en 2012". Un échec pour l’eurodéputée portugaise Ines Christina Zuber, rapporteure de ce texte, qui y voit "un signal honteux" envoyé par ses collègues. Un échec d’autant plus amer que ce vote intervenait dans un timing hautement symbolique, quelques jours seulement après la Journée internationale des droits des femmes. Mais surtout, il s’en est fallu de peu pour que le texte ne soit adopté : 298 voix contre, 289 pour, avec l’abstention notable de 87 eurodéputés écologistes. Principal reproche, notamment répété dans le camp des conservateurs, le texte serait "idéologique" et "fourre-tout".

80 propositions

Le rapport très dense, de 80 propositions, demandait aux États de l’Union européenne de "garantir le respect du principe fondamental de l’égalité de rémunération de travail égal entre les femmes et les hommes", d’interdire les démissions forcées en cas de maternité, de renforcer la lutte contre les stéréotypes sexistes et de mettre en place des quotas pour favoriser les places des femmes aux postes de décision.

Autant dire que ce rapport européen ressemble comme deux gouttes d’eau à ce que la ministre des Droits des femmes s’évertue à développer en France. Et celle-ci a accueilli la nouvelle du rejet du texte plutôt fraîchement. "C’est consternant", réagit Najat Vallaud-Belkacem, qui tire une leçon de cet échec sur la scène européenne : "Cela montre à quel point rien n’est jamais acquis en ce qui concerne les droits des femmes, y compris pour des positions qui semblent consensuelles. Nous devons être sans cesse sur nos gardes".

L'IVG point de crispation

Mais un autre pan du dossier a pu être un point de crispation. Le texte prévoyait en effet de "garantir le droit des femmes à des soins de santé gynécologique et obstétrique publics, gratuits et de qualité et à des services de santé sexuelle et génésique en général, ce qui inclut le droit à l’interruption volontaire de grossesse". Au mois de décembre, le rapport Estrela, qui prenait position, au niveau européen, en faveur du droit à l’avortement mais aussi pour l’éducation sexuelle des enfants et adolescents, avait déjà été retoqué. À l’époque, de nombreux eurodéputés avaient dénoncé un puissant lobby religieux sur ces sujets.

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