Palais de justice de Lyon © Tim Douet – 2011
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Plaider coupable : la justice en catimini ?

Le jugement de Jean-Christophe Larose en CRPC illustre le recours de plus en plus fréquent à cette procédure dite de plaider-coupable à la française. Surtout utilisée pour expédier les délits routiers et les affaires de stupéfiants, elle est aussi vue comme un moyen pour les puissants, d’Agnès Saal à l’employeur de Penelope Fillon, d’être jugés discrètement. En négociant des sanctions allégées avec le parquet.

Promoteur immobilier, hommes politiques, présidente de l’Ina et même parrain de la pègre… Les comparutions sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), souvent abrégées en “plaider coupable”, sont appréciées des puissants de ce monde. À l’instar de Jean-Christophe Larose, condamné à une amende de 300 000 euros pour un litige de… 600 000 euros. Malgré la médiatisation de l’affaire Fillon en 2017, Marc Ladreit de Lacharrière, le propriétaire de La Revue des deux mondes, qui employait Penelope Fillon, a aussi pris la voie de la CRPC en octobre dernier. Pour le moins discret. Idem pour Agnès Saal, condamnée à verser 4 500 euros d’amende en CRPC, pour détournement de fonds publics par une personne chargée d’une mission de service public – à hauteur de 40 000 euros (les fameuses notes de taxi). L’ancien député LR Alain Marsaud a été condamné en décembre à un an de prison avec sursis, 300 000 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité pour avoir détourné des fonds publics en rémunérant sa fille sur un emploi fictif de collaborateur parlementaire. Difficile à avaler. Les exemples sont pléthore, notamment en matière d’abus de biens sociaux. Le parrain corse Michel Tomi, qui a bâti un empire avec ses casinos africains, sera également jugé en CRPC pour “complicité et recel d’abus de biens sociaux”.

“Prime à la reconnaissance”

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