Le commissaire priseur Jean-Claude Anaf, pendant une vente aux enchères de voitures à Saint-Priest, en 2004 © Laurent Thévenot / MaxPPP
Le commissaire priseur Jean-Claude Anaf, pendant une vente aux enchères de voitures à Saint-Priest, en 2004 © Laurent Thévenot / MaxPPP
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Lyon : l’invraisemblable système dévoilé par l’affaire Anaf

Jean-Claude Anaf était connu dans le milieu des enchères pour avoir été à la tête du plus grand hôtel des ventes de province. Le tribunal correctionnel de Lyon l’a condamné, fin janvier, à quinze mois de prison avec sursis et 250 000 euros d’amende pour avoir financé des dépenses personnelles sur les comptes de sa société. Avec, en toile de fond, un enchevêtrement de réseaux d’influence locaux, notamment francs-maçons, de pratiques singulières et d’entre-soi. Le tout sur le dos des entreprises en liquidation judiciaire.

Le marteau qui frappe. Ç’a été toute la vie de Jean-Claude Anaf, le “roi des ventes aux enchères”, comme il s’était autoproclamé. Vendredi 25 janvier, ce n’est pourtant pas le sien qui a résonné mais celui de la juge Michèle Agi. La vice-présidente du tribunal de grande instance de Lyon venait de condamner le commissaire-priseur nœud-papillonné à quinze mois de prison avec sursis et 250 000 euros d’amende, pour abus de confiance commis par un officier ministériel, complicité de faux et usage de faux en écriture. Il lui était reproché d’avoir volontairement confondu son compte privé et le compte professionnel de sa société. En d’autres termes, le commissaire-priseur de 71 ans a pioché dans les fonds de sa société pour ses dépenses personnelles, pour un montant évalué à près de 500 000 euros, entre 2010 et 2013. Près d’un demi-million (499 462 euros exactement) en cadeaux, voyages et réceptions, ventilé comme suit : 50 950 euros de cadeaux, 280 478 euros de frais de réception et 168 034 euros en voyages. Si les séjours à Tahiti et Rio ont été payés à raison avec les comptes de la société – le caractère professionnel des déplacements ayant été retenu par les juges –, de nombreux autres (Miami, Dubaï, Los Angeles, Copenhague, Marrakech, Stockholm, Venise, Suisse, Angleterre) ont en revanche été mentionnés dans le jugement que Lyon Capitale a pu se procurer. Des voyages visiblement fastueux, durant lesquels Jean-Claude Anaf et son associé Jean Martinon, qui est également son compagnon dans la vie, descendaient dans des hôtels de luxe comme le George V à Paris, le Martinez à Cannes, le Cipriani à Venise ou le Royal Mansour à Marrakech. Rien ne semblait interdit au couple, même l’achat de perles de Tahiti, toujours sur les comptes de la société. Cerise sur le gâteau, les frais “liés à l’organisation de la cérémonie de remise de la Légion d’honneur à M. Anaf étaient également assumés par la SCP”, précise le jugement.

“Grisé par sa réussite”

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