ANGE MUGENI, UNE ENQUETE QUI TRAINE

Réunis devant l'entrée de l'Université Lyon 2, sous un soleil de plomb, 350 à 400 personnes sont venus rendre un dernier hommage à Ange Mugeni. Cette étudiante de 21 ans, en 2e année de sciences économiques, avait été retrouvée jeudi 31 mai aux aurores, égorgée et gisant dans son sang, dans les toilettes d'un TGV stationné en gare de Cornavin, à Genève. La justice suisse est immédiatement saisie de l'affaire. Pourtant, ce n'est que le lundi suivant qu'un appel à témoins est lancé dans tous les médias helvètes et certains quotidiens hexagonaux. Il faut encore attendre vendredi 8 juin pour que la macabre histoire "sorte" en France (dans 20 Minutes), soit neuf jours après la découverte du corps.

Samedi, dans le cortège, Souleymane Bah, ancien enseignant lyonnais dont la petite amie était la colocataire de la victime, ne cachait pas son sentiment : "si cette affaire piétine autant, c'est qu'Ange avait la peau de couleur. A la justice de nous prouver le contraire".
La nièce d'un élu du canton de Bulle

Pour l'heure, la juge d'instruction suisse Alix Francotte Conus a délivré une commission rogatoire lui permettant de conduire des investigations sur le territoire national. "Toutes les pistes sont exploitées" explique la police cantonale de Genève. "Penser qu'Ange a pu se suicider en se tranchant la gorge, c'est aberrant !" s'indigne, en pleurs, une camarade de cours de la victime. La seule chose que la justice soit en mesure de confirmer est que l'étudiante lyonnaise a probablement pris le TER Lyon-Genève de 17h20, serait descendue à Bellegarde vers 18h44, avant de monter dans le TGV à 19h28 pour arriver à Genève à 19h52. "Suite à la coupure de l'électricité du TGV pour la nuit, les portes du véhicule deviennent difficilement manœuvrables de sorte que la jeune femme aurait pu rester bloquée dans le train, avance la justice suisse. Aucun élément n'explique en l'état les raisons pour lesquelles elle serait restée dans le train alors que celui-ci partait au dépôt". Le deuxième fait certain est qu'Ange Mugeni se rendait aux obsèques de son oncle, André Ntashamaje, le premier citoyen noir à présider un conseil général en Suisse. Un mobile défendu par certaines personnes.

Un SMS envoyé ?

Samedi 9 juin, lors de la marche silencieuse, il se murmurait que la victime avait envoyé un SMS disant qu'elle était bel et bien arrivée à Genève. Personne n'a confirmé. Les amis et les proches de la victime devraient être entendus dans la semaine. Pour que le voile soit enfin levé sur ce qui s'apparente à un meurtre aux relents racistes.

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