Tu m'as vu en cadavre ?

Certains ont accepté et seront exposés à Lyon dès cette semaine. On ne sait pas si on doit les admirer ou s'interroger sur les raisons de cet exhibitionnisme post-mortem. On ne sait pas s'il faut se précipiter à la Sucrière pour découvrir l'inconnu à l'intérieur de nous, s'il faut s'indigner ou encore retenir ses nausées.
En débarquant sans prévenir avec leurs cadavres, les organisateurs de ce succès planétaire nous ont privé du nécessaire débat éthique qui aurait sans doute dû précéder cette première française. Ils nous laissent ainsi un sentiment étrange. La réalité de leurs intentions "artistiques et pédagogiques" interroge. Viennent-ils simplement faire le commerce de la chair humaine, avec une exposition sensationnaliste vouée à un succès sans égal ? Ou seront-ils capables d'animer un véritable débat éthique ? En choisissant de prendre tout le monde par surprise, ils ont pris le risque de se retrouver seuls face à cette question.

Repères La France a été le premier pays à créer, en 1983, à la volonté de François Mitterrand, un comité consultatif national d'éthique (CCNE). "Sa vocation est de susciter une réflexion de la part de la société sur les avancées de la connaissance scientifique dans le domaine du vivant" précise son site internet. Il peut être saisi par les principaux personnages de l'Etat, ou par des établissements publics, et se compose de 5 représentants des principales religions, 15 chercheurs et 19 personnalités "choisies pour leur compétence et leur intérêt pour les problèmes éthiques".

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