The Next Day de David Bowie : un come-back inespéré

Dans tous les esprits le Thin White Duck se trouvait pour ainsi dire "musicalement mort" et malgré cette idée fixe, il déboule la bouche en cœur le 8 janvier dernier, jour de son soixante-sixième anniversaire en annonçant une bombe : The Next Day. Deux mois plus tard, l'album sort enfin : verdict.

Depuis 10 ans et la sortie de Reality, son dernier album studio, l’empereur du glam rock n’avait plus donné signe de vie, nourrissant ainsi les rumeurs les plus funestes. Cet ultime opus de 14 titres que l’on peut légitimement qualifier de salvateur pour les fans transis est à l’image du chanteur ; schizophrène, noir et apaisant.

David Bowie, maître dans l’art du transformisme s’est bel et bien fait phénix, renaissant de ses cendres avec cette pochette surprise. Des cendres qui ont eu le temps de refroidir durant son absence, mais qui vont sans doute se retrouver dans une incandescence totale, voire décuplée, aux vues des mélodies de The Next Day.

Les mêmes qu’il y’a 10 ans

Dans cet album concocté avec la complicité de Tony Visconti, Bowie retrouve les mêmes musiciens qu’il y’a 10 ans ; les guitaristes Gerry Leonard, Earl Slick et le batteur Sterling Campbell. Un joyeux foutoir organisé puisque le bijou auditif est doué de diverses atmosphères, qui mélangées prouvent une fois encore toute l’excellence de l’Anglais. The Next Day, plus qu’un titre d’album, c’est aussi une chanson dépressive annonçant une couleur du set de prime abord froide bien que l’instrumental soit plutôt dansant. Cette première approche est tout de suite contrebalancée avec Set The World on Fire. Un morceau vivifiant le tout d’un rock puissant aux solos de guitare façon grand-huit, rugissant sur des paroles qui sentent bon la dépravation.

L’univers Bowienien

Vient alors, Where are we now ?, premier morceau a avoir les honneurs d’un clip. Ce dernier se déroule dans un pseudo atelier d’artiste plutôt cradingue. Une poupée en chiffon maussade est surmontée du visage de l’artiste chantant devant les images de Berlin après la destruction du mur. La vidéo pour le moins bizarroïde, dérangeante est empreinte évidemment de l’univers Bowienien. Avec Where are we now ?, la noirceur est au rendez-vous. Son Antithèse, The Stars, ballade solaire lui répond alors et conte l’histoire de deux amoureux observant les étoiles. Le morceau prend aux tripes purement et simplement, frôlant judicieusement l’amour sans le rendre mièvre.

En l’espace d’un album, Bowie, hydre musicale immortelle ressort de sa grotte pour livrer au grand public une expérience torturée, tonitruante et à fleur de peau. Avec The Next Day, le Thin White Duck rend hommage à son passé, mais pense surtout au jour d’après.

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