Nuits Sonores : immersion en terre noctambule

Programmées sur le site de l'ancien Marché de Gros, les Nuits Sonores investissent 3 Halles désormais abandonnées. Lyon Capitale s'est invité à la troisième nuit, affichant sur son line-up des pionniers comme Moodymann, Carl Craig, mais aussi l'électro lyonnaise de Brodinski ou la techno locale de Diane et Palma. Immersion dans cette jungle urbaine...pour les lecteurs avisés.

NuitSo2015 ()

23:00. Containers empilés, murs tagués, le site a des airs de vieille zone industrielle. Les spots lumineux mêlés a la résonnance des basses sous les hangars désaffectés font penser à l'ambiance d'une vielle rave party. Il y a déjà de l'attente au guichet des tickets boissons, appelés "token." Nombreux sont les festivaliers qui prennent la formule "10 token = 30 euros." De quoi faire vite monter le budget d'une soirée aux Nuits Sonores à une centaine d'euros, entre la place, les boissons et la restauration sur place. Pour pallier la fringale de 2 heures du mat, ou éponger le trop-plein d'ivresse, les food trucks, situés en face de la halle 2 alpaguent les festivaliers. Le crépitement de la viande sur la plancha d'El Taco del Diablo font craquer les amoureux de tacos a la californienne, la dégustation de la frite à la polenta annécienne de l'H et Vous est offerte par son cuisto souriant.

23:15, Halle 1 : immense, la salle est déjà presque remplie. La tech house parisienne de Dj Deep hypnotise des milliers de festivaliers en baskets et lunettes de soleil. Cet apprenti de Laurent Garnier chauffe les troupes, apprivoise un public prêt à enchaîner 5 heures de galop dansant. Les boules à facettes suspendues au plafond de la halle font rayonner son set, les lumières saccadées en flashs sont synchronisées avec son kick pur. Les festivaliers sont souriants, l'attente au bar n'est pas longue, l'accès au devant de la scène n'est pas difficile. Les enfants de la techno sont parés à décoller.

Dj Deep, à la Nuit 3

Kevin Buy

23:45, halle 2 : changement d'ambiance. La chanteuse afro-américaine Kelala envoûte la foule de son r'n'b futuriste. Sa voix soul se marie parfaitement avec ses sons hybrides, mêlant influences hip hop, trap music et electro. Basée à Los Angeles cette artiste de 31 ans ne travaille qu'avec des djs et a rencontré l'univers musical grâce à ses performances jazz dans des cafés locaux. Sa présence sur scène est telle qu'elle dégage presque une aura sur son public qui semble charmé par la prestation de la jeune chanteuse. Une découverte séduisante.

00:15, Halle 1 : retour à la Halle 1 pour le début du set du très respecté Moodyman. Accompagné de sa femme et de ses boxes de vinyles le dj de Detroit met en bouche son public avec plusieurs classiques de hip hop (Notorious Big) et de funk. Les festivaliers suivent, entonnent les paroles. Les boules à facettes et les trompettes disco du mix de Moodymann donnent un sentiment de retour en arrière. L'éclectisme et le mélange des générations de son public rend d'autant plus appréciable sa performance. De 18 à 50 ans, les festivaliers partagent le même amour du tube disco, dynamisant et rafraîchissant. Parfois critiqué pour ses transitions brutales - il passe du hip-hop, à la funk, à la disco, à la techno-, Moodymann n'en reste pas moins talentueux, tant par la sélection de ses disques que par la qualité de son mix.

Moodymann aà la nuit 3

Kevin Buy

1:30, halle 2 : quel retour pour ce lyonnais... Brodinski nous a présenté son dernier projet "Brava". Public déchaîné, accueil notable réservé à cette étoile montante de la scène locale. Devant un écran géant qui diffuse des images sea-punk psychédélique, Brodinski bouge la tête au rythme de son électro industrielle et tapageuse. Il alterne les montées au beat ralenti, n'hésitant pas à emprunter des basses trap music, et enchaine sur un kick lourd et énergique. Le public est plus jeune, moins diversifié et très chaud. Sonorités acid, set mental, mais manque peut-être d'originalité. Brodinski repart tout de même sous un tonnerre de hurlements.

Brodinski à la nuit 3

Kevin Buy

3:00, halle 3 : la plus petite salle en terme d'espace mais pas des moindre. Le son est excellent, et l'ambiance agréable. Le public plus serein et très transgenerationnel, galope sur la techno du trio Palma. Ces trois lyonnais nous ont servi un live d'une techno viscérale et brute, envoûtés par leur machines. Déjà programmé par Boiler Room sur le toit du Sucre l'été dernier, Palma sound system est promu à un bel avenir, au delà de la scène locale. Ils seront suivis de Diane, qui, comme annoncé sur notre site, nous a préparé un set intense. Vêtue d'une longue robe noire transparente, la dj nous a envoûté par sa techno cosmique et profonde.

4:30, halle 1 : la salle est pleine à craquer. Les issues sont à peine accessibles. Carl Craig assassine les milliers de festivaliers dont les jambes commencent à se faire lourdes. Quelques uns titubent, d'autres semblent trop drogués pour s'apercevoir qu'ils ne sont plus conscients, mais la majeure partie du public continue d'avoir un sourire immense. Les lumières dorées mettent en joie le set du dj de Detroit, qui clôture la nuit avec un remix de Seven Nation Army. Quoi de mieux qu'un classique de rock pour achever un public trop déchaîné ?

5:10. Les rues de Confluence sont bondées. Les taxis s'affolent et le camion de kebab espère amadouer les plus gourmands. On vous donne rendez vous demain, après une bonne nuit (journée ?) de sommeil.

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