Les artistes en voie de disparition ?

Le 10 avril, une centaine d'entre eux, munis de masques d'ours, se sont rassemblés devant la Préfecture, pendant qu'une délégation était reçue par le Préfet.

C'est munis de masques d'ours - une espèce en voie de disparition - que les artistes et professionnels du spectacle vivant en Rhône-Alpes ont manifesté, jeudi 10 avril, devant la Préfecture. Pendant qu'une petite centaine de professionnels - employeurs comme salariés, artistes comme techniciens - se rassemblaient, une délégation était reçue par le Préfet de Région, monsieur Gérault, et le Directeur régional des affaires culturelles de Rhône-Alpes, Jérôme Bouet.
"On demande des informations précises sur la baisse des crédits de l'Etat" explique Annick Charlot, chorégraphe, citant quelques chiffres jugés "alarmants". Les théâtres de villes et scènes conventionnées se sont vu notifier une baisse de 4 % de leurs crédits de fonctionnement "qui se répercutera forcément sur le volet artistique" prévient la chorégraphe qui estime que cette baisse de 300 000 euros en Rhône-Alpes peut équivaloir à la suppression d'"une trentaine de co-productions artistiques". Dans le domaine de l'action culturelle (actions en milieu rural, pratiques amateurs, etc.) les crédits publics sont purement supprimés tandis que le volet culturel de la politique de la ville (qui concerne les quartiers en difficulté sociale) est amputé de 40 %, soit 500 000 euros. "Une centaines de projets, portés pour la plupart par des compagnies, vont être supprimés" s'inquiète Annick Charlot. Autre chiffre : les scènes découvertes de Lyon - réseau de petites salles de spectacles permettant de découvrir les jeunes talents en théâtre, danse et musique - perdent 9,80 % de leurs crédits de l'Etat.
A la sortie de leur rendez-vous en Préfecture, les membres de la délégation faisaient état d'un entretien "cordial, mais sans aucun résultat". Le "seul point positif", mince consolation, était l'annonce de la mise en place d'un comité de suivi pour "gérer la crise", auquel le Conseil interprofessionnel du spectacle vivant en Rhône-Alpes sera associé. Pour le reste, les chiffres alarmants ont été confirmés, sans espoir d'amélioration future. "Pour le budget 2009, le Préfet nous a dit qu'il espérait, au mieux, le maintien du budget 2008, qui n'est déjà pas bon" rapportait le comédien Fabrice Bernard, précisant que le Préfet avait assuré "le maintien du ministère de la Culture et de la Direction régionale des affaires culturelles de Rhône-Alpes". Dans ce contexte sombre, les professionnels du spectacle vivant prévoient de rester mobiliser. Et de faire porter désormais l'effort "sur les députés UMP de la région, qui vont voter le budget de la culture".

d'heure en heure
d'heure en heure

derniers commentaires
Faire défiler vers le haut