barque
© Tim Douet

La barque du 18e siècle amarrée à la Fosse aux Ours

barque ()

© Tim Douet

C'est derrière une vitrine du parking souterrain du pont de la Guillotière qu'est présenté ce vestige du 18e siècle, découvert en 2003 lors d'un chantier à St-Georges. Ce bateau témoigne de l'activité portuaire qui animait le Vieux Lyon.

C'est sous terre, à l'emplacement d'un nouveau parking qu'elle a été découverte. C'est aussi sous terre, sous un parking récent, qu'elle est retournée. La barque du 18e siècle, mise à jour à St-Georges en 2003, vient d'échoir au parc de stationnement de la Fosse aux Ours, au niveau du pont de la Guillotière. Un navire qui portait sans doute des pierres de la carrière de Couzon destinées à des constructions à Lyon. Voilà pourquoi elle a été baptisée la "Couzonnaire". Elle est aujourd'hui la propriété du musée Gadagne.

barque ()

© Tim Douet

Trois barques reposent au fond d'un étang de l'Est

En 2003, seize barques et 1945 objets (céramiques, vaisselles en cuivre, ustensiles de maison, armes blanches…) avaient été trouvés à St-Georges (Lyon 5e), lors du chantier du parc de stationnement. Trois de ces barques, datant de l'époque gallo-romaine, reposent actuellement au fond d'un étang, dans l'Est lyonnais, ainsi conservées attendant d'une restauration future. L'une d'elles rejoindra d'ailleurs le musée gallo-romain de Fourvière, d'ici à 2014. Mais les restaurateurs ont choisi de s'atteler d'abord à cet objet de 12 mètres de long, lourd d'une tonne et demie, qui semble-t-il n'existait que dans les ouvrages d'architecture navale. La couzonnaire a été démontée pièce par pièce, acheminée à Grenoble où elle a été restaurée, puis rassemblée par l'atelier ARC-Nucléart. Une opération qui a coûté 600'000 euros. Un socle a été conçu pour reconstituer la forme du bateau.

Les chevaux lui faisaient remonter la Saône

barque ()

© Tim Douet

Cet ouvrage dispose de deux essences de bois : le fond est en sapin, les contrefort en chêne. "C'est une barque légère mais qui supporte de lourdes charges, capable de supporter la houle du Rhône", explique Anne Lasseur, responsable du service des collections du musée Gadagne. Entre les planches, des joints ont été conçus à partir de mousses compressées. La Couzonnaire circulait dans les deux sens. Mais pour remonter la Saône, ce sont des attelages de chevaux qui s'affairaient, depuis les rives. "Des hommes devaient aussi les aider à surmonter les ponts et les obstacles", précise Anne Lasseur.

Adjoint à la Culture, Georges Képénékian rappelle que le Rhône et la Saône étaient alors les "artères centrales de notre cité", évoquant la volonté actuelle de réappropriation des fleuves. Ces vestiges témoignent de l'intense vie portuaire qui régnait alors au Vieux Lyon. Un port disparu en 1845, à la création du quai Fulchiron. Adjoint à la Culture à la mairie du 5e, Gilda Hobert s'est émue de voir cette pièce migrer sur la rive gauche du Rhône, espérant "une installation prochaine dans le 5e pour les habitants de l'arrondissement".

--

Lors des journées du patrimoine les 17 et 18 septembre prochain, des visites libres sont organisées de 9h à 22h.

à lire également
Cathy Bouvard, aux Subsistances, en octobre 2018 © Tim Douet
Depuis quinze ans à la tête des Subsistances, Cathy Bouvard s’est vu proposer un défi qui ne se refuse pas : les Ateliers Médicis, dont l’ambition est rien de moins que de transformer par la culture la ville de Clichy-sous-Bois et de faire émerger des artistes qui ne soient pas “du sérail”. Une des fondatrices de Lyon Capitale tire donc sa révérence et dresse à cette occasion le bilan d’une ville qui a muté. Avec la crainte qu’elle ne se re-quenellise…
d'heure en heure
d'heure en heure

derniers commentaires

réseaux sociaux

Nos BD
Faire défiler vers le haut