Julien Santini © Aniki Maret
Julien Santini © Aniki Maret

Julien Santini à Gerson : le Woody Allen lyonnais est de retour

Un univers surréaliste à haute teneur comique. Pour l’atteindre, il suffit de suivre Julien Santini dans ses péripéties existentielles. Lui s’amuse, nous nous attachons.

Déclarer dans un dîner huppé “Je suis artiste !”, voilà qui pose son homme. Le hic dans l’histoire, c’est que la réalité qui se cache derrière ce style de proclamation n’est pas forcément glorieuse. C’est ce que montre Julien Santini dans le spectacle qui l’a révélé : Julien Santini s’amuse, repris à partir de demain à l’espace Gerson. Pour s’acquitter de cette tâche, le jeune humoriste lyonnais se penche sur un cas qu’il ne connaît que trop bien : le sien.

Avec un sens de l’autodérision qui confirme sa passion pour Woody Allen, Julien Santini passe en revue les épisodes particulièrement difficiles, mais aussi d’une irrésistible drôlerie, de son existence. Comment il fut chassé de la fonction publique après avoir voulu séduire une collègue gravement dépressive en interprétant un personnage issu de son imagination délirante, Bibou le pervers, la terreur des ascenseurs isolés… Comment il apprit le métier de comédien et eut un trou de mémoire irrémédiable lors d’une représentation de Molière (résultat, viré de la troupe)… Comment sa fiancée le quitta après qu’il l’eut emmenée dans une boîte de strip-tease… ou combien furent vains ses contacts avec les directeurs de grands théâtres lyonnais. Le tout saupoudré de considérations philosophiques, aussi incisives que drôles, sur le monde tel qu’il va (mal).

Derrière les fausses hésitations, l’apparent désordre du propos, le texte est ciselé, conçu pour nous emmener dans des univers surréalistes à haute teneur comique. L’interprétation est également remarquable ; la vraie fausse maladresse dont il joue rend son personnage encore plus attachant.

Julien Santini s’amuse – du 5 au 15 décembre à l’espace Gerson


[Article publié dans Lyon Capitale n°783 – Décembre 2018]

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