Adel Abdessemed Is Beautiful
© Adagp

Expos : Adel Abdessemed, mémoire de marbre et de poussière au MAC

L’artiste d’origine algérienne Adel Abdessemed expose des œuvres chocs au musée d’Art contemporain. Ouverture ce vendredi 9 mars.

Adel Abdessemed – Shams © Adagp, Paris, 2018

© Adagp, Paris, 2018
Adel Abdessemed – Shams.

Beaucoup ont découvert Adel Abdessemed en 2012, dans la chapelle du musée Unterlinden à Colmar, avec ses quatre impressionnants christs de fer accrochés en vis-à-vis du retable de Grünewald, qui les avait inspirés. Sur deux étages du musée d’Art contemporain de Lyon, il présente aujourd’hui des œuvres nouvelles, jamais exposées en France, dont L’Antidote, nom du bar lyonnais qu’il fréquentait quand il était encore étudiant aux beaux-arts. Évocation des moments partagés, de l’amitié, de la convivialité qui scandent l’existence, et lieu de mémoire personnelle. Une sculpture à l’échelle 1/2 présente le bistrot : son mobilier est spectaculairement suspendu en l’air sous l’effet d’une soufflerie.

Merkel et les hommes de terre

Adel Abdessemed – Is Beautiful © Adagp, Paris, 2018

© Adagp, Paris, 2018
Adel Abdessemed – Is Beautiful.

Is Beautiful est une sculpture en marbre semblant inspirée des Trois Grâces, autre citation de l’histoire de l’art. Le personnage de gauche rappelle une photo en noir et blanc ressortie des archives en pleine campagne électorale allemande alors qu’Angela Merkel briguait un troisième mandat. C’est bien la chancelière allemande pratiquant le naturisme.

Shams (le soleil, en arabe) met en scène des travailleurs forcés entourés d’hommes en armes : corps façonnés dans l’argile, tourmentés, exploités, écrasés (photo ci-dessus). Ces hommes de terre peuvent évoquer les conditions de travail les plus éprouvantes (mines, chercheurs d’or, grands chantiers…) ou les guerres passées. Par le matériau employé, ils font revenir en mémoire la phrase de la Bible “Né de la poussière, tu redeviendras poussière”, mais aussi la sourate 30 du Coran : “C’est un des signes de sa puissance que de vous avoir créés de poussière.” Recréée chaque fois, l’œuvre occupe l’ensemble du 3e étage. C’est la dernière exposition invitée par Thierry Raspail, en partance pour la retraite.

Adel Abdessemed / L’Antidote
Du 9 mars au 8 juillet au musée d’Art contemporain de Lyon
Jeudi 8 mars à 17h30 – Dialogue avec Hélène Cixous

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