Christian Poncet utilise le sténopé, l’ancêtre de l’appareil photo © Galerie NörKa
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Expo à Lyon : Christian Poncet, la fascination des espaces urbains

La galerie NörKa nous fait découvrir Metropolis, une superbe exposition du photographe Christian Poncet qui sublime les espaces urbains avec l’aide du sténopé, l’ancêtre de l’appareil photo.

En cette rentrée 2021, la galerie invite Christian Poncet pour sa première exposition monographique Metropolis. Photographe d’origine lyonnaise, passionné dès son jeune âge par Henri Cartier-Bresson, il pratique la photo depuis quarante ans et a été récompensé plusieurs fois en recevant notamment le 1er prix du concours international AGFA en 1999 et le 1er prix du concours “Mon tour du monde en sténopé” en 2009 organisé par Artazart.

Christian Poncet  – Musée des Confluences – Série Zones d'ombre, réalisée avec un sténopé argentique

Le sténopé, un procédé magique…

Adepte de la photographie de rue mais aussi grand amoureux des paysages d’eau qu’il dévoile dans plusieurs séries autour des lacs, il présente une exploration d’espaces urbains avec des photos réalisées en grande partie sur le campus de la Doua, portées par une démarche artistique alliant la photo de rue et l’utilisation du sténopé (l’ancêtre de l’appareil photo) qu’il maîtrise depuis vingt ans.

Il nous donne la sensation de voir des dessins au fusain et se démarque ainsi d’une vision du monde qu’un appareil numérique rendrait trop nette, trop parfaite

“Le sténopé, nous dit Christian Poncet, s’appelle aussi camera obscura, c’est la chambre noire au plus simple qui soit, une boîte avec un trou minuscule par lequel la lumière pénètre pour se projeter sur la surface opposée couverte d’un papier photo sensible et sur lequel l’image se forme. C’est un phénomène ancien et purement physique. Ce procédé implique des temps de pose plus longs pour laisser le temps à la lumière de rentrer pleinement. À l’inverse d’un appareil photo moderne, il n’y a pas d’optique ou de lentille donc il n’y a pas de déformation, les lignes sont parfaitement droites. Je n’utilise pas de film, uniquement du papier photo, la surface est plus grande et il y a une certaine opacité avec un rendu différent à la sortie. Dans mes ciels par exemple, il y a toujours de la matière, du grain, il n’y a pas de transparence. Je me suis approprié le procédé et j’ai adapté ma propre technique.”

Le procédé est magique car cette lenteur d’imprégnation de la lumière provoque des irrégularités sur le papier (le sténopé ne supporte pas les grands écarts de lumière) ainsi le noir est profond à certains endroits tandis qu’à d’autres il se transforme en nuances de gris, provoquant des soleils improbables, floutant l’image et l’architecture des bâtiments, créant des espaces urbains étranges dont on ne sait s’ils appartiennent au passé, au présent ou au futur.

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