Démon d'or : le diable par la dread

Toiles de tentes, dreadlocks et gros son au programme.

Le business des festivals d'été est devenu énorme : de Glastonbury à Belfort et de Barcelone à Fourvière. Le seul hic c'est qu'en termes de programmation, l'été des festivals ressemble de plus en plus à une version géante et musicale du " carré magique ", ce cousin du puzzle et du rubik's cube consistant à faire glisser des carrés les uns à côté des autres pour reconstituer un dessin. Les groupes du moment, à la renommée mondiale ou moindre, passent ainsi d'un festival à l'autre, s'y croisant ou pas, et composant toutes les combinaisons de programmations possibles et imaginables. Manière aussi pour les
" petits " festivals de profiter des grands raids estivaux des grosses pointures de la musique pour les programmer entre deux raouts industriels. Si bien que tous les événements finissent par se ressembler dans la mise en musique estivale du village global. Mais il reste encore des festivals qui échappent à cette réalité. Soit par nécessité (ils n'ont pas les moyens d'attirer les stars des grands festivals), soit du fait d'une politique de programmation alternative. Ce mélange de petits moyens, de bouts de ficelles et de radicalité donne des festivals tels que Démon d'or. La programmation, soyons honnêtes, n'y est pas à tomber par terre (point de The Do, de Justice ou de Radiohead pour défriser les branchés). Mais il s'agit moins, quoi qu'on pense de cette conception festivalière, d'y célébrer la musique qu'un esprit festif. Démon d'or entend depuis une poignée de saisons, de diaboliser les paisibles Monts-d'or, les encanailler, ce qui ne leur fera pas de mal. Ici pas vraiment de tête d'affiche, excepté peut-être Big Red, mais une ribambelle de groupes électro, reggae, hip-hop, tzigane ou metal. Et surtout un camping, un barbecue géant, des initiations à la capoeira, des démonstrations de monocycles. Sans oublier la présence d'association œuvrant dans l'humanitaire et l'environnement, histoire de refaire le monde entre deux gaufres en monocycles. Bref, le paradis des alternos, un woodstock pour les dreadlocks. Bien entendu, il est conseillé d'aimer les néo-hippies, les bergers allemands et les jongleurs diaboliques cracheurs de feu. On doute que les habitants des Monts d'Or soient très friands de ce folklore là, mais c'est aussi comme ça qu'on globalise son village.

KM

Festival "Démon d'or", vendredi 13 et samedi 14 juin, Stade Jean Lacaze, quai de Saône, Saint-Germain-au-mont-d'or. www.demondor.info

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