Le chorégraphe et danseur libanais Omar Rajeh © Hadi Bou Ayash
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Culture à Lyon : portrait d'Omar Rajeh, figure majeure de la danse dans le monde arabe

Après avoir quitté Beyrouth pour s’installer à Lyon, le chorégraphe Omar Rajeh continue de développer ses projets à l’international tout en soutenant les artistes libanais. Portrait.

Contraint par des conditions humaines, économiques et politiques insoutenables, le chorégraphe et danseur libanais Omar Rajeh a quitté Beyrouth pour s’installer à Lyon fin 2019. Soutenu notamment par la Maison de la danse et les Subsistances dans le cadre de résidences, il est actuellement artiste associé du CND (Centre national de la danse) de Lyon.

Maqamat est le nom de la compagnie qu’il a fondée en 2002 et dont la première pièce Beyrouth Jaune fut créée dans les traces d’une guerre civile au sein d’une société où tout était à reconstruire et où la danse contemporaine n’avait aucune place.

Elle abordait des sujets qui concernaient la jeunesse et l’absence de perspectives, le chômage, le suicide mais aussi la sexualité, la religion, le sectarisme, des sujets sociaux et politiques qui portent sa danse depuis toujours.

Présentée dans un contexte de culture classique et traditionnelle sans aucune autre ambition, la pièce remporte un immense succès auprès du public et à l’international et amène Omar Rajeh à créer en 2004 le festival BEPOD (Beirut International Platform of Dance) pour accueillir des artistes locaux et internationaux dans le cadre de “Masahat Dance Network”, un réseau régional qu’il cofonde reliant le Liban, la Syrie, la Palestine et la Jordanie.

Il devient ainsi une figure majeure de la danse dans le monde arabe, contribuant également à la mise en place d’une scène de danse contemporaine au Liban. “Ce festival, nous dit-il, était devenu pour le public un lieu où il était enfin possible de respirer, de réfléchir, d’émettre des idées alors qu’en même temps on avait un gouvernement et des structures qui étaient en opposition aux valeurs défendues par les artistes comme la tolérance, l’esprit critique, le questionnement sur la société. Y participer relevait pour les spectateurs d’un acte véritablement politique.”

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