Waxahatchee Katie Crutchfield

Concert : le Tripp de Waxahatchee au Périscope

Une demoiselle à l’esprit bien dessalé est reçue au Périscope ce mardi : Katie Crutchfield, alias Waxahatchee. Une rivière tourmentée à la douceur âpre.

On en voit défiler, à Lyon, de ces punkettes dans l’âme qui ne savent guère choisir entre le rock et le folk, entre les œillades et les griffures. De ces Angel Olsen ou Courtney Barnett, filles de la campagne au charme brut, pour ne pas dire revêche, à la douceur un peu maladroite mais au talent plus sophistiqué que pressenti, pour peu qu’on ait l’heur de s’en approcher un peu. Voici une autre incarnation de ce genre de demoiselle à l’esprit dessalé en la personne de Waxahatchee, sobriquet énigmatique de Katie Crutchfield, hérité d’une enfance passée sur les bords de la rivière du même nom, dans l’Alabama. La campagne encore. À croire que ce genre d’environnement favorise les vocations précoces (elle est musicienne depuis ses 15 ans et signe à 20 sur le prestigieux label Merge Records), la mélancolie colérique et la résolution basse fidélité, toutes choses au programme de la profession de foi de Waxahatchee, auparavant remarquée avec sa sœur jumelle (ici en première partie) dans une formation punk malicieusement baptisée P.S. Eliot. Comme chez ses consœurs, ou des aînées telle Cat Power, Waxahatchee aborde sur ses disques, notamment le dernier (Ivy Tripp), les thèmes de l’instabilité, la confusion, la solitude, les relations ratées (un titre comme La Loose [vidéo ci-dessous] résume cela parfaitement), comment les combattre et en faire une force : en ayant les pieds sur terre et en en tirant des catharsis musicales à la fois douces et âpres, également capables de beaux emportements pop qui justement emportent les tourments en tourbillons de poussière (The Dirt). On peut se demander où de si jeunes femmes ont été pêcher autant de tourments et autant de manières de les mettre en perspective que si elles avaient cent ans. Sur son premier album, Waxahatchee apportait un début de réponse, chantant déjà : “Je me fiche de savoir si je suis trop jeune pour être malheureuse.”

Waxahatchee – Mardi 12 septembre à 20h30, au Périscope.
1re partie : Allison Crutchfield
à lire également
Vu de la place Bellecour
Une salle mythique que les moins de quarante ans n’ont pas pu connaître, un lieu de la vie nocturne lyonnaise qui a accueilli Ray Charles, les Beatles, les Stones… Un palais aujourd’hui oublié, dont la fin de vie fut marquée à plusieurs reprises par la tragédie. Histoire du Palais d’Hiver, le plus grand music-hall d’Europe.
d'heure en heure
d'heure en heure

derniers commentaires

réseaux sociaux
Faire défiler vers le haut