Avatar édition spéciale : version un peu plus longue

Événement cinéma de la fin 2009, Avatar est de retour sur grand écran dans une édition spéciale comportant huit minutes supplémentaires. Au-delà de l'aspect marketing discutable, cette nouvelle version vaut-elle le déplacement ?

Avatar 2009, sorti en Blu-ray et Dvd en avril 2010 n'était-il qu'une copie de travail, un film inabouti à la durée de vie éphémère ? Ce nouveau montage l'est-il tout autant ? Face à cet étalement des sorties des nouvelles versions, un éclairage s'impose. Fin 2009, James Cameron dispose de deux montages : un premier de plus de 3h pour les salles classiques et 3D, et un second de 2h41 destiné aux salles IMAX, alors incapables de diffuser des films plus longs. Face à la crainte de voir le public déserter cette deuxième possibilité, la production choisit de niveler le niveau vers le bas en optant pour la plus courte. Cameron proclame alors publiquement qu'il s'agit là de son « director's cut », soit la version qui correspond à sa vision d'auteur.

Huit mois plus tard : le parc des salles IMAX a augmenté, et a évolué vers le numérique, bousculant la contrainte de durée. Néanmoins, la version de 3 heures restera encore inédite et un montage alternatif de 8 minutes supplémentaires est sélectionné. Il faudra donc attendre novembre 2010 pour enfin la visionner la vraie version longue disponible dans un coffret Dvd ou Blu-ray collector. Cette dernière sera accompagnée de nombreux bonus et de 45 minutes de scènes coupées pour la plupart non finalisées. Digne héritier de Blade Runner pour ses mauvais côtés, Avatar nous referait-il le coup des versions rallongées à répétition ? Devrons-nous endurer 20 ans de remodelage avant de voir enfin une version définitive ? Tant que le public payera, la réponse ne fait aucun doute.

L'argument IMAX

Le retour d'Avatar sur grand écran reste l'occasion de découvrir enfin le long métrage en IMAX 3D sur Lyon. Une salle dédiée ayant ouverte cet été dans le multiplex Carré de Soie. Dans un prochain article, nous reviendrons en détail sur ces nouveaux équipements, censés proposer une image et un son plus purs, tandis que la surface de projection est, en théorie, bien plus grande. L'expérience lyonnaise est proposée au prix exubérant de 15€. Le tarif a du mal à passer au regard de la prestation proposée : image décevante, son beaucoup trop fort, taille de l'écran « petite » comparée aux autres salles du genre (22 mètres sur 16 pour un IMAX standard, 17,90 sur 9,88 pour celui de Lyon). Cependant, le constant reste indéniable : une fois la pilule avalée dans la douleur, l'immersion et la 3D sont bien au rendez-vous. Même "miniature", la projection IMAX demeure une attraction unique.

De nouvelles scènes

Les déceptions à répétitions passées, ce nouveau montage ravira surtout les fans, sans toutefois parvenir à faire changer d'avis ceux qui n'avaient pas appréciés le voyage sur Pandora. Avatar demeure très manichéen tandis que ses personnages secondaires peinent toujours à prendre du relief. Au-delà des quelques scènes rajoutées, toujours bienvenues, le véritable intérêt d'Avatar édition spéciale réside surtout dans cette centaine de nouveaux plans, parfois furtifs qui fluidifient le film. Avatar édition spéciale semble tout simplement moins brouillon, plus abouti. Les faux raccords d'autrefois sont oubliés, la scène de bataille finale en ressort grandement améliorée.

Une faible consolation, qui ne calmera pas la frustration et le sentiment amer de ne voir une nouvelle fois qu'un montage non définitif, appelé à devenir obsolète dès novembre. Le paradoxe est inévitable : Avatar est une fantastique expérience à vivre en salle, mais le marketing lassant pourrait bien prendre le dessus et faire passer l'envie de se déplacer. Prochaine étape hypothétique : nouvelle ressortie pour nouveau montage au cinéma fin 2011 ?

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1 commentaire
  1. Valois - 3 septembre 2010

    Il est difficile de faire une critique sur Avatar, surtout d'ordre technologique et marketing car ce film a été conçu pour le cinéma et uniquement pour lui. Ce qui est regrettable se résume au prix des billets qui, eux, ne sont guère séduisants. Toutefois, revenons à la question principale, la force de ce film se résume en son invitation : invitation dans un univers esthétiquement beau, mais pas seulement... Invitation aussi auprès de personnages à la 'psychologie en 3D', c'est à dire des personnages qui ne sont complets qu'avec l'esprit du spectateur. Si l'on considère le film comme étant manichéen, alors c'est que l'on considère la réalité comme étant manichéenne. Si l'on y découvre des principes poétiques, c'est que l'on est un poète. Si l'on préfère une approche scientifique et systémique, c'est que l'on a une vision scientifique. Contrairement à d'autres films qui rendent les spectateurs passifs, Avatar a ce quelque chose d'autre qui invite à un voyage se déroulant 'devant soi', 'autour de soi' et 'en soi'. Ne l'avez vous pas remarqué ? Salutation.

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