Platonov Possédés 1
© Jean-Louis Fernandez

Théâtre : Platonov, au cœur de la dépravation

Une vieille propriété russe, des personnages emportés dans une folie délirante… C’est bien Tchekhov que l’on retrouve sur la scène des Célestins, dans une mise en scène qui met en avant tous les atouts de la première œuvre du dramaturge.

Platonov, mise en scène de Rodolphe Dana © Jean-Louis Fernandez

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Défauts et qualités d’une première œuvre

Première pièce d’Anton Tchekhov, écrite à 18 ans, Platonov a tous les défauts des premières œuvres chez les grands écrivains : elles veulent trop embrasser, elles étreignent maladroitement. Mais elle en a aussi les qualités, l’intensité irrésistible et l’irruption des grands thèmes que développera le dramaturge dans ses œuvres majeures (La Cerisaie, La Mouette...).

Énergie et poésie

Platonov, mise en scène de Rodolphe Dana © Jean-Louis Fernandez

© Jean-Louis Fernandez

Au fond, ses imperfections ne comptent pas, tant Rodolphe Dana et sa troupe de Possédés ont su mettre en avant les atouts de la pièce, son énergie, sa bouleversante poésie. Le côté brouillon, on l’oublie vite ou, mieux, on l’impute à l’alcool qui baigne littéralement la pièce, emporte tous les personnages sans exception dans une folie délirante et par moments hilarante.

On retrouve donc cette ambiance ultra-tchékhovienne de vieille propriété russe où se réunit une flopée de personnages caractéristiques, mus par leurs sentiments et des intérêts divers. Au centre de ceux-ci, règnent Platonov (Rodolphe Dana, impressionnant), personnage aussi lâche que séducteur, homme couvert de femmes, et Anna Petrovna (Emmanuelle Devos, à la fois fine et sensuelle), dite la Générale, veuve qui sera dépossédée de sa propriété.

Interprétation impeccable

Platonov, mise en scène de Rodolphe Dana © Jean-Louis Fernandez

© Jean-Louis Fernandez

Entre dépravation sexuelle et alcoolique, ruine des esprits les plus remarquables, la catastrophe finale met plus de trois heures et demie à survenir, sans que l’on s’ennuie une seconde. L’interprétation impeccable d’une troupe énergique, le décor qui évoque des univers entiers avec quelques accessoires et le respect d’un texte fascinant* dans ses pires excès sont les ingrédients de cette incontestable réussite.

* La traduction est d’André Markowicz et Françoise Morvan.
Platonov – Du 25 novembre au 5 décembre à 20h (dim. 16h, relâche le lundi), au théâtre des Célestins, Lyon 2e.

2 commentaires
  1. Guillaume - 27 novembre 2014

    http://www.leprogres.fr/sortir/2014/11/25/platonov-grandeur-et-decheance-tchekhovienne-aux-celestinsJe poste l'article du Progrès en commentaire de cette critique, on a du mal à discerner lequel a pompé sur l'autre tant les deux articles sont semblables dans leur intro, les mots clés...Sortez au théâtre et allez voir les pièces, en plus cela éclairera vraiment le spectateur !

  2. La rédaction - 28 novembre 2014

    Bonjour, Caïn Marchenoir est un excellent critique de théâtre, qui assiste naturellement à l'intégralité de tous les spectacles qu'il critique. Mais Caïn Marchenoir est un pseudonyme…

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