Enfant et sortilèges Insectes opéra 2016

L’Enfant et les sortilèges : effets très spéciaux à l’opéra de Lyon

Composé par Ravel sur un livret de Colette, L’Enfant et les sortilèges est une œuvre pleine de fantaisie et de rêve : un monde “merveilleux” où les objets s’animent et les animaux parlent… Première des quatre représentations à Lyon ce mercredi 1er novembre.

Un enfant terrible – c’est le cas de le dire ! Le personnage principal du seul opéra de Maurice Ravel destiné au jeune public donne le mauvais exemple… Du moins dans un premier temps, car la morale triomphera et la rédemption sera vite au rendez-vous. Vite, car ce brûlot génial dure une heure seulement, format surprenant pour un opéra mais adapté à la faculté d’attention des enfants, qu’on dit volage…

Quand l’écureuil et la théière se réveillent

Seul dans sa chambre, l’enfant – dont le rôle est interprété par une soprano – souffre mal la punition et, de colère, s’en prend aux éléments qui l’entourent : les animaux, les objets, tous sont victimes du courroux du gamin… Tant pis pour le service à thé renversé, point de pitié pour l’écureuil et le chat cruellement martyrisés, la tapisserie arrachée, des livres déchirés : le garnement s’est bien déchaîné ! Mais voilà que soudain, comme par magie, les victimes de sa colère s’animent, se mettent à parler et à l’interpeller. L’expérience, traumatisante, le conduira néanmoins à réaliser l’injustice et la barbarie de ses actes… et à soigner le petit écureuil blessé pour obtenir aussitôt le pardon.

Pastiches musicaux

Cette thérapie par les sortilèges est l’œuvre de Colette, auteure, en 1916, du livret de cet opéra. Ravel s’en empare, visiblement séduit par son potentiel et son imaginaire débridé. Une flûte à coulisse, des crotales, un fouet, une crécelle, une râpe à fromage, des wood blocks, un éoliphone (imitation du vent) se joignent à l’orchestre.

Les sortilèges dont est victime l’enfant et qui font prendre vie aux éléments prennent la forme de pastiches de divers styles musicaux. Une trentaine de personnages, tous plus inattendus les uns que les autres (la tasse chinoise, la théière, le feu, l’horloge comtoise…) : Ravel met les petits plats dans les grands afin d’épater la jeune galerie et force est de constater que ces trouvailles ingénieuses, les dialogues humoristiques et le pouvoir fantasmagorique de l’œuvre font mouche !

Du grand spectacle

Tant de délire requiert bien entendu une mise en scène à la hauteur. C’est là qu’intervient Grégoire Pont qui, intégrant le potentiel féerique de l’œuvre, convoque les effets spéciaux animés, les décors spectaculaires et s’amuse à faire apparaître et disparaître les éléments. Espérons que la magie opère et que nos chères têtes blondes, brunes et rousses trouvent leur compte dans cette nouvelle production de l’Opéra de Lyon.

Côté distribution, ce sont les solistes du studio de l’Opéra de Lyon qui prêteront leurs voix aux personnages de cette fantaisie tandis que la direction musicale sera partagée selon les représentations entre Martyn Brabbins et Philippe Forget.

L’Enfant et les sortilèges – À partir de 7 ans
Mardi 1er, merc. 2, vend. 4 et samedi 5 novembre à 19h, à l’opéra de Lyon.
à lire également
L’Enchanteresse, de Tchaïkovski – Mise en scène Andriy Zholdak © Stofleth
Trois opéras sinon rien. C’est la devise imposée par Serge Dorny dans le cadre du “festival d’opéras” annuel. Pour l’édition 2019 il nous a destiné l’Enchanteresse de Tchaïkovski, Didon et Énée de Purcell et le Retour d’Ulysse de Monteverdi. Première ce vendredi, puis alternance des trois œuvres.
d'heure en heure
d'heure en heure

derniers commentaires

réseaux sociaux
Faire défiler vers le haut