L’Arétin d’Ingres : le portrait d’un esprit libre bientôt lyonnais

Jusqu’au 15 décembre, le musée des Beaux-Arts propose à tout un chacun de devenir mécène, pour participer à l’achat de L’Arétin et l’envoyé de Charles Quint d’Ingres. D’où vient ce tableau ? Quelle place occupe-t-il dans l’œuvre du peintre ? Réponses dans Lyon Capitale-le mensuel de novembre. Extraits.

La chose a de quoi interpeller : dans l’entrée du musée des Beaux-Arts, une urne transparente affiche des billets de 5 ou 10 euros et des enveloppes blanches.
Ce sont là les dons des futurs mécènes-citoyens d’un tableau qui fera prochainement son entrée dans la collection du musée : L’Arétin et l’envoyé de Charles Quint, peint en 1848 par Jean Auguste Dominique Ingres (1780-1867).

Cet appel à souscription publique fut lancé lors des Journées du patrimoine, afin de finaliser l’achat de l’œuvre. Pourquoi cette œuvre ? Quelle place aura-t-elle dans la collection du musée ? Les caisses de la culture sont-elles si
vides ? Réponses en dix points.

1. Quel est le sujet du tableau ?

Pietro Aretino, dit l’Arétin (1492- 1556), est un écrivain italien de la Renaissance installé à Venise, connu pour ne pas avoir eu sa langue dans sa poche et égratigner les puissants de son époque, religieux et politiques. Bref, un esprit libre. Épisode plus ou moins légendaire, l’empereur Charles Quint aurait envoyé un messager pour lui remettre une chaîne en or, pot-de-vin censé acheter la complaisance de l’écrivain. Au regard des papiers déchirés à ses pieds et de l’expression dédaigneuse de son visage, le bakchich n’est pas bien accueilli. L’insolence sonne comme une injure pour le messager, qui saisit son épée d’un côté et serre le poing de l’autre. (…)

7. Où se trouvait-il auparavant ?

Avant d’être mis en vente par la galerie parisienne De Bayser, le tableau était précieusement conservé par la descendance du premier propriétaire de l’œuvre (qui en était aussi le commanditaire) : Jean-Baptiste Marcotte-Genlis, un des principaux collectionneurs d’Ingres. L’Arétin fut montré en 1913 à Paris, puis de nouveau dans les années 1990. Il avait depuis longtemps “disparu”. Même si les spécialistes savaient où il se trouvait, ils ne le connaissaient qu’en photographie. L’on assiste donc aujourd’hui à une sorte de redécouverte.

Les qualités intrinsèques du tableau, la place qu’il occupe dans l’œuvre d’Ingres et dans l’histoire de la peinture, le style “troubadour”, mais aussi pourquoi cette toile devait intégrer la collection du musée de Lyon, comment elle est arrivée jusqu’à Lyon, qui contribue à payer les 750.000 euros de son prix, les raisons du choix de lancer une souscription, et la réception d’opérations similaires en France auparavant… Tous ces points sont développés dans les pages Culture de Lyon Capitale n°716, en vente en kiosques jusqu’au 22 novembre, et dans notre boutique en ligne.

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