Lyon Capitale n°159 du 24/02/1998
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Il y a 20 ans : Barre confirme l’impôt Téo

IL Y A 20 ANS DANS LYON CAPITALE – Téo est mort, vive Téo ! Raymond Barre introduit une petite poignée de mesures qui vont faire pendant de la Transversale Est-Ouest qui a eu son lot de contestations.

Lyon Capitale n°159 du 24/02/1998, © Lyon Capitale

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Lyon Capitale n°159 du 24/02/1998, © Lyon Capitale

Escroquerie pour les automobilistes lyonnais, mesure exceptionnellepour les députés, il n’empêche que le fameux impôt Téo a été hué… et pas qu’un peu. Si bien en fait, que l’entreprise a été évincée par le Conseil d’Etat, au grand contentement des usagers (dans l’imaginaire collectif lyonnais, Téo équivalait à Tunnel de l’Escroquerie Organisé). Côté 1998, Raymond Bard introduisait une ribambelle de nouvelles mesures au monde du bitume. Entre autres, 10 francs le péage, ça pique, c’est le cas de le dire. Aujourd’hui, si on ramène les 2.10€ le passage au périphérique nord, on se retrouverait à 13.5 francs et quelques. Pire encore, si on prend l’abonnement mensuel, les 280 francs de la veille font pâle figure face aux 311.78 francs (47.53€) d’aujourd’hui.

Lyon Capitale n°159 du 24/02/1998, p.2 © Lyon Capitale

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Lyon Capitale n°159 du 24/02/1998, p.2 © Lyon Capitale
Un article de Lyon Capitale n°159, paru le 24 février 1998, signé par Frédéric Crouzet

Barre confirme l'impôt Téo

Réunis en session extraordinaire lundi dernier, les élus de La communauté urbaine de Lyon ont adopté de nouvelles mesures proposées par Raymond Barre pour régler le compte de Téo : rachat du périphérique, instauration d'un péage du tunnel à 10 francs et bien sûr hausse des impôts. La gratuité totale n'est pas pour demain.
Dix francs tout rond. Voilà le nouveau tarif de péage pour les automobilistes qui emprunteront dans un proche avenir le tunnel de Caluire, pièce clé du défunt Téo. Le reste du périphérique nord, à savoir son extrémité ouest et le viaduc du Rhône, deviennent gratuit. L'abonnement mensuel, sans limitation de passage, coûtera 280 francs pour les résidents du Rhône et les automobilistes auront la possibilité d'acheter 14 jetons de passage pour 100 francs. C'est ce qu'ont voté lundi 16 février à une large majorité les élus du Grand Lyon lors d'une séance extraordinaire du conseil de communauté urbaine consacrée à Téo. Raymond Barre a réuni dans l'urgence ses conseillers pour régler le cas du controversé périph, suite à la décision de justice rendue par le Conseil d'Etat le 6 février dernier, annulant le contrat de concession et les tarifs du péage. Suspicion, opacité, non-respect de l'intérêt général, voilà définitive- ment caractérisé par la plus haute juridiction administrative de notre pays, le dossier du tronçon nord du périphérique", a déclaré Raymond Barre. "Maintenant, les habitants du Grand Lyon vont devoir payer le prix de la précipitation et des erreurs commises." Et pour payer, ils vont payer puisque le président souhaite racheter l'ouvrage au consortium propriétaire emmené par Bouygues et Dumez. La communauté urbaine et le conseil général vont donc devoir emprunter, puisque les recettes du péage ne couvriront même pas les 80 millions de francs annuels de frais d'exploitation. Cela va donc se répercuter irrémédiablement sur la feuille d'impôts des habitants de l'agglomération. Dès que le préfet le décidera, le périphérique rouvrira et c'est le Grand Lyon qui percevra le péage. Pour ce faire, la communauté urbaine a choisi de garder les 108 employés de Téo. Mais ceux-ci, présents parmi le public, n'ont pas manqué de bondir quand Barre leur a annoncé qu'ils basculeraient dans la catégorie précaire avec un contrat à durée déterminée, et non plus un poste de titulaire. Mais on peut se demander ce qu'une partie d'entre eux va bien pouvoir faire, la moitié des cabines de péage étant condamnée à dis- paraître. "On risque bien de passer aux 35 heures un peu plus tôt que prévu", plaisantait à la sortie de la séance un des salariés. Cette exploitation du péage en gestion directe n'est toutefois que transitoire. Les experts qui planchent sur le dossier présenteront un panel de solutions définitives au mois d'avril. Cependant, avec l'adoption des mesures proposées par Barre, le Grand Lyon semble avoir tiré un trait définitif sur l'idée de gratuité totale du périphérique, réclamée à nouveau ce lundi par les communistes, les radicaux-socialistes et la gauche alternative et écologiste. Le Collectif pour la gratuité, dont les membres présents dans la salle ont sorti une banderole réclamant "l'ouverture, la gratuité et la consultation" avant de balancer des confettis sur les élus, pourrait bien reprendre d'ici peu ses actions de lever de barrière sur le périphérique.

Quel nouveau nom pour Téo ?

Maintenant que le périphérique nord de Lyon est tombé entre les mains de la communauté urbaine, suite à la décision du Conseil d'Etat, on voit mal comment il pourrait conserver son patronyme commercial. Le nom de "Téo", qui signifie Transversale Est-Ouest, est en effet la propriété de la SCBPNL (Société concessionnaire du boulevard périphérique nord de Lyon), le consortium d'entreprises et de banques mené par Bouygues et Dumez. Vu son image de marque plutôt négative dans l'esprit des Lyonnais ("Téo, escroc", "TEO = Tunnel de l'Escroquerie Organisée), on doute fort que le Grand Lyon, nouveau proprio de l'ouvrage, ne laisse traîner les logos Téo bien longtemps. Reste à savoir comment rebaptiser les 10 km goudronnés. On pourra toujours lui redonner son petit nom d'antan de TNP (pour Tronçon nord du périphérique), qu'utilise toujours Raymond Barre dans ses discours. A moins que l'on ressorte des cartons la première idée lancée par Bouygues pour dénommer le tronçon : Léo. Ce nom en valait bien un autre. Il signifiait "Liaison Est Ouest" et faisait implicitement référence au lion de la ville. Mais Barre s'est mis en colère quand on lui a fait cette proposition de baptême, Léo étant le diminutif de son frère ennemi de l'UDF François Léotard.
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