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Zone à faibles émissions à Lyon : une baguette pas si magique contre la pollution

[Dossier ZFE 1/3] D’ici 2026, la Zone à faibles émissions de la métropole de Lyon devrait interdire tous les véhicules particuliers diesel et n’autoriser que les véhicules dotés d’une vignette Crit’Air 0 ou 1. Un changement majeur pour les ménages, mais dont l’intérêt pour réellement faire baisser la pollution à Lyon est plus que discuté.

Une métropole de Lyon sans diesel pour 2026. C’est ce qu’a annoncé Bruno Bernard mi-novembre. Le président du Grand Lyon souhaite interdire ces véhicules et tous ceux n’ayant pas de vignette Crit’Air 0 ou 1 d’ici la fin du mandat dans la Zone à faibles émissions qui englobe Lyon, Villeurbanne, Caluire-et-Cuire et qui pourrait être élargie d’ici là. Cette mesure répond à une double injonction. Légale d’abord, puisque la Commission européenne a mis en demeure la France pour lui demander d’exécuter un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) du 24 octobre 2019 qui avait condamné notre pays pour non-respect de la directive européenne de 2008 sur la qualité de l’air, et pour avoir “dépassé de manière systématique et persistante la valeur limite annuelle pour le dioxyde d’azote (NO2) depuis le 1er janvier 2010”. Parmi les agglomérations ciblées, celle de Lyon : si les niveaux de NO2 baissent globalement depuis plusieurs années, ils restent supérieurs à la valeur limite annuelle réglementaire de 40 μug/m3, particulièrement dans les zones les plus proches des grands axes. En 2019, la valeur moyenne a atteint près de 65 μug/m3 dans le tunnel de la Croix-Rousse et un peu plus de 60 μug/m3 sur le boulevard périphérique.

Lire aussi : “La pollution à Lyon en baisse depuis 20 ans”

La deuxième injonction est, elle, sociétale. L’aspiration à mieux respirer en ville faisait partie des principaux thèmes de la dernière campagne des municipales qui a porté les Verts au pouvoir dans plusieurs grandes villes de France. Par ailleurs, dans son dernier baromètre annuel, le cabinet en conseil immobilier Arthur Loyd a de nouveau placé la capitale des Gaules en tête des très grandes métropoles, mais a pointé du doigt les risques que fait peser la mauvaise qualité de l’air sur son développement futur. “Lyon est la ville dont la qualité de l’air est la moins bonne parmi ses concurrentes. Attention à ne pas négliger la qualité de vie qui joue un rôle de plus en plus prégnant dans l’attractivité des métropoles”, écrit le cabinet.

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