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Campus des berges, université Lyon 2

Université Lyon 2 : "faire la grève est une liberté, étudier aussi"

Le Groupement des associations et élus étudiants de Lyon indépendants et solidaires (GAELIS), première organisation étudiante de Lyon et membre du réseau La Fage, dénonce le blocage des partiels ayant eu lieu ce lundi à l'Université Lumière Lyon 2. Entretien avec Mirina Mammeri, Vice-Présidente en charge des affaires académiques et des élus à Lyon II et Lyon III et étudiante en commerce international.

Lyon Capitale : Quelle est votre position sur la situation actuelle à Lyon 2 ?

Mirina Mammeri : Cela fait un moment que l'on essaye d'aller aux AG de Lyon 2 pour entendre les points de vue de chacun. Et on s'est vite rendu compte que le sujet initial, la loi ORE, a rapidement dévié, notamment sur la question du blocage. GAELIS et le réseau de la FAGE ne sont pas contre le droit de grève, au contraire, c'est une liberté. Le problème c'est quand cela vient perturber la liberté des autres étudiants. Le droit de grève est une liberté, mais le droit d'étudier aussi. Actuellement, une minorité d'étudiants empêche une majorité silencieuse d'aller en cours et de passer ses examens. Certains sont contre la loi ORE, certains sont pour, d'autres n'ont pas d'avis sur la question. Mais tous se retrouvent bloqués par une minorité.

Quelle est la position de GAELIS sur la réforme ?

Nous avons décidé de nous positionner comme des accompagnateurs de cette réforme. Il y avait des avancées, notamment la suppression du régime de sécurité sociale étudiante avec un rattachement au régime général, ou encore la mise en place d’éléments pour mieux orienter les lycéens. On était en accord avec tout ça. On reste cependant vigilants, nous avons rappelé que tous ces outils d'accompagnement des lycéens ne pouvaient servir à les sélectionner.

Pourquoi cette crispation sur le blocage des partiels ?

La loi a été proposée en octobre et les réactions ont été en réalité tardives. Quand on a assisté aux AG on a entendu beaucoup de fausses informations sur la réforme. C'est plus facile de rallier des étudiants qui ne connaissent pas tellement la question avec de la démagogie. Une fois que toutes ces personnes se sont prononcées contre la loi ORE, sans vraiment savoir au final pourquoi, s'est posée la question des moyens d'action, le blocage étant considéré comme le plus efficace pour se faire entendre par le gouvernement.

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Et le gouvernement entend-il mieux les étudiants de Lyon 2 ?

À mon sens non. Les vraies répercussions seront pour les étudiants et seront néfastes. C'est eux qui vont trinquer pour la volonté d'une minorité de bloqueurs. Oui, il y a effectivement peut-être 700 personnes en AG parfois, mais il ne faut pas oublier les 28 000 étudiants qui n'étaient pas là, car pour eux venir à ces AG c'était leur accorder de la légitimité. Ce mouvement va en fait à l'encontre des étudiants.

L'université a été contrainte d'annuler les partiels. Or on le savait que ça allait arriver. L'université aurait-elle pu prévoir le coup ?

On a rencontré la présidente de l'université il y a deux semaines. On lui a donné notre opinion et on l'a alerté sur le fait qu'on voyait cette volonté de mobilisation sur les groupes Facebook. Malgré tout, et c'est normal, la présidente a voulu maintenir les examens. Malheureusement les conditions n'étaient pas au rendez-vous. Cette situation aurait peut être pu être évitée en délocalisant les examens mais on a bien vu à Arcueil que cela n'a pas suffit.

En tout cas maintenant il faut travailler sur la suite, des dizaines de milliers d'étudiants attendent de pouvoir valider leur année.

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Les modalités alternatives d'évaluation proposées (contrôle continu et devoirs à la maison) vous conviennent-elles ?

Les devoirs à la maison peuvent effectivement être un mode d'évaluation. Mais il y a un risque d'inégalité des chances qui va avec. Nous sommes pour la mise en place d'une approche par compétences. Or avec les devoirs maison on sera sur de la connaissance pure et dure. Et avec ce genre d'évaluation l'année va peut être finalement être dévalorisée vis-à-vis des autres universités, notamment pour ceux qui voudraient postuler à un master l'an prochain.

La présidente est accusée d'ambiguïté, aussi bien par les contestataires que par l'UNI qui a demandé sa démission, qu'elle est votre position à GAELIS ?

Nous sommes pour notre part dans un système de dialogue et d'échange, nous ne sommes pas là pour porter un jugement à son encontre. On veut simplement faire entendre la voix des étudiants que nous représentons en tant que première organisation étudiante à Lyon. Nous avons la légitimité qui nous a été accordée par les élections étudiantes et par nos actions.

Nous avons un rendez-vous avec elle cette après-midi pour construire les modalités d'examens et voir comment finir l'année sans que les étudiants ne soient encore plus desservis.

Son approche a été d'essayer de faire des compromis, elle le paye au final ?

C'est une position qu'on ne se permettra pas de juger à GAELIS, ne serait-ce que parce que nous ne sommes pas à sa place. Elle a effectivement envoyé les CRS pour débloquer la fac il y a maintenant un mois. Elle avait prévenu les bloqueurs que l'occupation était illégale. On ne valide pas forcément. Elle a fait ses choix, c'est compliqué de les assumer puisque beaucoup d'étudiants se retrouvent aujourd'hui en porte à faux. Elle a fait certaines choses qui n'étaient peut être pas les bonnes, à l'inverse elle en a fait un certain nombre qui ont probablement permis d'apaiser la situation. Donc on ne peut pas permettre de la juger. La vraie question c'est les décisions qu'elle va prendre pour l'avenir.

 

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