Un lyonnais emporté par la montagne dans l'Himalaya

Il redescendait du sommet K2 (8611 m) dans l'Himalaya, en compagnie d'une vingtaine de personnes, quand il a été emporté ce samedi par un bloc de glace, la cordée n'ayant eu aucune chance face aux forces de la montagne.
Le bilan est lourd mais encore provisoire : neuf personnes ont été tuées et trois autres disparues dont le lyonnais Hugues d'Aubarède.

Le K2 : 'la montagne des montagnes'

Chez les alpinistes comme pour tous ceux qui pratiquent des sports extrêmes, il y a des lieux qui exercent une sorte de fascination. Le Graal de l'émotion et des sensations fortes en somme. Le K2, surnommé le 'bottleneck' (col de la bouteille) en raison de sa forme, ne déroge pas à cette règle. Bien au contraire. De l'avis de tous les plus grands alpinistes, ce sommet -qui est 239 mètres plus bas que le toit du monde, l'Everest- est 'la montagne des montagnes', celle de tous les superlatifs, la plus belle, la plus difficile, la plus dangereuse aussi.
Gravi pour la première fois en 1954, le K2 a depuis retenu en son sein une cinquantaine d'expéditeurs, pour à peine 200 ascensions réussies ( dix fois moins que l'Everest).

Un baroud d'honneur pour entrer dans la légende
Pris de passion pour les hauts sommets à l'âge tardif de cinquante ans, cet ancien assureur avouait à Lyon Capitale, fin 2004, sa passion pour l'alpinisme et l'Himalaya : 'Deux mois après avoir redescendu l'Everest, en 2004, ça me titillait déjà. Je voulais remonter là-haut. Ces montagnes c'est une drogue'. L'année suivante, en 2005, Hugues d'Aubarède ressort le matériel de haute montagne pour gravir le Nanga Parbat (8125 mètres), toujours dans l'Himalaya. Reste le K2 : l'apogée d'une carrière. En 2006, Hugues tente une première fois l'ascension. Sans succès, Les conditions météorologique ayant eu raison de l'expédition.
Durant cet première expérience sur le 'bottleneck' Hugues décrira sur son blog, avec une lucidité et un détachement touchant, les risques auxquels il a été exposés. ' Durant les 5 jours qu'a duré cette dernière ascension, j'ai vécu ce qui suit : je me suis réfugié sept fois derrières des rochers afin d'éviter sept avalanches (des avalanches comme à la TV). J'ai évité cinq chutes de pierres dont une qui m'est passée à quelques centimètres de la tête... Et pas de petits cailloux'.
Conscient à plus d'un titre des dangers encourus, Hugues d'Aubarède voulait entrer dans la légende en devenant le onzième français et le premier lyonnais de l'histoire à atteindre le K2. C'est désormais chose faite pour ce grand enfant.

Florian Fayolle

Crédit photo : moutainpassion.net

Les commentaires sont fermés

d'heure en heure
d'heure en heure

derniers commentaires
Faire défiler vers le haut