Un détenu radicalisé traité avec trop de laxisme selon les syndicats

AUVERGNE-RHÔNE-ALPES - Transféré dans une prison de Bourg-en-Bresse dans l'Ain, un détenu radicalisé jouit d’un traitement de détention "classique". Les syndicats pénitentiaires s’insurgent de cette décision.

Arrivé la semaine dernière dans la prison de Bourg-en-Bresse, Karim Bekhaled, incarcéré pour radicalisation, est en régime de détention classique. Les syndicats pénitentiaires, inquiets pour leur sécurité et celle des autres détenus, s’insurgent ce cette décision.

Interpellé pour préparation d’attentat en 2014

Natif de Meyzieu, Karim Bekhaled a aujourd’hui 25 ans. Fiché S et membre du groupuscule radical Forsane Alizza, il est arrêté par la police en septembre 2014, quelques mois avant la fusillade de Charlie Hebdo, marqueur du début d’une vague d’attentats en France. Karim et son frère Reda sont soupçonnés d’être en plein préparatifs d’attentat à Lyon. A leur domicile, les forces de l’ordre retrouvent gants, cagoules, gilets de police, Kalachnikov, talkie-walkie et munitions.

Dans leur défense, les frères affirment préparer un braquage et non un attentat. De son côté, un témoin proche évoque un projet de "faire sauter des gens avec une ceinture explosive", selon Le Progrès

Transféré depuis Fleury-Mérogis

En attendant son procès, Karem Bekhaled est placé en détention à la prison de Fleury-Mérogis, en région parisienne. Plus grand établissement pénitentiaire d’Europe, le bâtiment abrite des centaines d’autres détenus radicalisés. Mais sous le motif d’un "rapprochement familial", le suspect finit par obtenir son transfert à la prison de Bourg-en-Bresse, où il est placé dans une cellule individuelle, et donc sous régime "classique".

Ce type de détention implique un contact avec les autres détenus à diverses occasions (promenades, activités sportives, activités religieuses), et donc des occasions d’user de ses compétences de prosélyte.

Protestation des syndicats

Les syndicats pénitentiaires ont dénoncé cette décision, logiquement prise avec la validation du juge d’instruction antiterroriste de Paris, et pointé du doigt une "aberration". "Comment va-t-on empêcher qu’un individu aussi dangereux rayonne sur les autres et les embrigade ?", a notamment interrogé Romain Bernier, secrétaire adjoint de l’Ufap, syndicat pénitentiaire majoritaire. Pour Stéphane Pieltant, secrétaire de l’Ufap de l’Ain, la seule solution viable serait de "le couper totalement du reste de la population carcérale", relate Le Progrès.

Afin de rassurer les surveillants, qui craignent pour leur sécurité et celle des autres détenus, l’administration du bâtiment pénitentiaire a rappelé que Bourg-en-Bresse faisait partie de la liste des 50 établissements prompts à accueillir des détenus radicalisés. L’établissement a également précisé qu’un conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation accompagnait Karim Bekhaled.

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