Sevil Sevimli : l'étudiante lyonnaise jugée lundi en Turquie

Lundi 19 novembre, s'ouvre le troisième procès de Sevil Sevimli, l'étudiante de Lyon-2 accusée de terrorisme en Turquie. Comme elle, des milliers d'étudiants sont emprisonnés chaque année en Turquie pour leurs opinions politiques.

Pour avoir assisté à un concert de rock, manifesté au 1er-Mai et collé des affiches pour l'enseignement gratuit à l'université, Sevil Sevimli encourt entre 15 et 32 ans de prison. Lundi 19 novembre, s'ouvre le troisième procès de cette étudiante franco-turque en journalisme de Lyon-2, arrêtée le 9 mai en Turquie où elle passait une année d'Erasmus, et accusée de terrorisme. Depuis son procès du 26 septembre, elle est en liberté surveillée en Turquie, après des semaines passées en prison.

"Elle va bien car elle a une personnalité très forte", confie Esin Tunc, sa cousine, qui gère son comité de soutien et la pétition qui a recueilli plus de 133 000 signatures sur Internet. "Elle a confiance en elle. Elle sait que tout ce qu'on lui reproche est légal". Pour Etienne Copeaux, chercheur associé au Groupe de recherches et d'études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient (GREMMO), antenne du CNRS à Lyon, "même le procureur a admis que tout ce que l'on reproche à Sevil Sevimli est légal. C'est l'accumulation d'actes légaux qui donnent un ensemble illégal en Turquie".

Le président de Lyon-2 en Turquie

En Turquie, les lois anti-terroristes contre le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan, reconnu comme organisation terroriste par l'Union européenne) font d'une opinion politique un délit. Le fait de participer à une manifestation illégale peut devenir une complicité de terrorisme si le PKK décide soudainement de soutenir l'évènement. Résultat : en 2012, selon le ministère de la Justice turque, plus de 2800 étudiants sont emprisonnés en Turquie, dont près de 700 pour des raisons politiques. Avec 95 journalistes emprisonnés dans le cadre des lois anti-terroristes, la Turquie détient même un record mondial, devant l'Iran, l'Erythrée ou la Chine.

Les soutiens pour l'étudiante franco-turque se mobilisent. Lundi 19 novembre, Sevil Sevimli aura un soutien de poids en la personne de Jean-Luc Mayaud, président de l'université Lyon-2, qui a décidé de faire le déplacement en Turquie. Dimanche 18 novembre, à 13h30 place Jean-Macé à Lyon, la famille de Sevil Sevimli, ainsi que des associations comme l'UNEF, organisent une marche jusqu'à la place Bellecour. Optimistes, les soutiens se veulent aussi prudents. "Avec l'expérience des autres procès, on sait que tout peut arriver, même si Sevil devrait être à Lyon avec sa famille", prévient Esin Tunc. En octobre, à quelques semaines de son procès, Sevil Sevimli nous confiait : "Le prochain procès ne sera peut-être pas le dernier. J'ai l'impression que ça va durer".

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