Rocade Est : plus de camions, moins de pollution

Les études rendues publiques par Coparly montrent un recul de la pollution aux particules fines et au dioxyde d'azote aux abords de l'A46 en 2008. Pourtant, le trafic de camions a augmenté. Explications.

Paradoxe. Depuis l'arrêté préfectoral du 15 février 2008 qui a interdit l'accès du tunnel de Fourvière aux poids-lourds, les habitants de l'Est lyonnais pensaient subir un trafic routier supérieur sur la rocade Est (A46). Ils s'attendaient donc à être davantage exposés à la pollution. Or une étude de Coparly, l'organisme chargé de la surveillance de la qualité de l'air, rendue publique le 23 octobre dernier, montre l'inverse.

Le problème des poussières

En 2007, "les valeurs réglementaires étaient respectées pour les oxydes d'azote, le dioxyde de soufre et le benzène", peut-on lire. Par exemple, Mions accusait une concentration moyenne de dioxyde d'azote de 27µg/m3, soit bien en-deçà de l'objectif de qualité fixé à 40 µg/m3.

La situation était plus préoccupante pour les particules fines pour lesquelles le seuil d'information avait été dépassé quatre fois en 2007 au moment des mesures (soit 16 % du temps annuel). Provoquées par les gaz automobiles, les rejets industriels et le chauffage domestique, ces poussières constituent un problème majeur de santé publique, causant le décès anticipé de 350 000 personnes par an dans l'Union européenne. Sur le site de Mions, leur concentration annuelle était en 2007 estimée à 35 µg/m3, soit moins que la valeur limite (40 µg/m3) mais plus que l'objectif de qualité fixé à 30 µg/m3. La valeur limite journalière, établie à 50 µg/m3, a été dépassée à Mions 13 fois au moment des mesures, contre huit pour le site de Genas.

En 2008, la situation s'améliore un peu partout dans l'agglomération comme dans l'Est lyonnais où les poussières sont en recul de 20 %. "La météo était alors plus clémente, ce qui explique sans doute cette tendance. Car sur les premiers mois de 2009, les données sont moins bonnes", précise Frédéric Bouvier, directeur de Coparly. Quant aux concentrations moyennes de dioxyde d'azote, elles étaient aussi en reflux de 10 % en 2008 par rapport à 2007. Et cette fois, des facteurs locaux ont sans doute joué.

L'effet de la réduction de vitesse

D'abord, l'abaissement des limitations de vitesse imposé au moment de l'arrêté préfectoral (à 90 km/h pour les véhicules légers entre la descente de Sermenaz et le boulevard urbain sud et de 70 km/h pour les plus de 12 tonnes) a produit ses effets. Un véhicule pollue en effet moins s'il modère son allure.

Ensuite le report des poids-lourds sur la Rocade Est n'a pas été aussi massif que prévu. Les études anticipaient un surcroît de 2280 camions sur les 15 000 qui empruntent quotidiennement cet axe : ils n'ont finalement été que 832 de plus. Peut-être les autres préfèrent-ils le périphérique, à moins qu'ils ne continuent à emprunter, en toute illégalité, le tunnel de Fourvière...

Surtout, 1900 véhicules légers de moins utilisent la Rocade Est. "A cause d'une congestion trop grande de la rocade Est, les automobilistes utilisent des itinéraires alternatifs", analyse Frédéric Bouvier. Plutôt que de se concentrer sur le bord de l'A46, la pollution s'est peut-être davantage dispersée à proximité des routes secondaires, proches des habitations. Pas vraiment un progrès donc.

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