Reste à charge hospitalier : des disparités qui interrogent

L’Observatoire Place de la Santé vient de dévoiler les données régionales et départementales sur les restes à charge hospitaliers (RAC), un moyen de comprendre en quoi "la réforme du 100 % santé ne règle pas 100 % du RAC".

L’Observatoire Place de la santé, mis en place par la Mutualité française, propose régulièrement un état des lieux du système de santé et des préoccupations des Français en la matière. En octobre 2019 a été publiée une 3e édition, ciblée sur les restes à charge (RAC) hospitaliers avant remboursement des complémentaires santé. Dans un contexte de réforme du 100 % santé (qui devrait permettre d’ici 2021 à chacun d’avoir accès à des équipements à reste à charge nul en optique, prothèses dentaires et auditives après intervention de la Sécurité sociale et des complémentaires santé), la Mutualité française revient sur les enjeux de santé actuels.

Des restes à charge élevés et variables en fonction de l’âge et du lieu d’habitation

Le RAC hospitalier atteint 880 euros en moyenne pour les 80 ans et plus, soit plus de 2 fois plus que la moyenne qui s’établit à 396 euros (les personnes âgées étant très consommatrices de soins). L’Observatoire met également en avant des écarts entre régions et départements : en Auvergne-Rhône-Alpes, de 210€ en Ardèche à 346€ en Savoie, en passant par 240€ dans le Rhône (la moyenne nationale étant de 235€).

Ces écarts s’expliquent par des différences de prix facturés, mais pas seulement : "des soins coûtent plus cher dans certaines régions parce que la répartition médicale n’est pas la même, il y a parfois plus de chirurgiens spécialisés avec des honoraires plus importants que la moyenne (…) ou des régions qui sont moins denses médicalement, avec moins de personnel ou de moyens hospitaliers" explique Yves Perrin, Président de la Mutualité française Auvergne-Rhône-Alpes.

Les mutuelles contribuent fortement à réduire les inégalités et la facture des Français

Les dépenses hospitalières et les remboursements de la sécurité sociale augmentent au même rythme (+3,2 % par an), mais les remboursements des complémentaires santé augmentent plus rapidement (+5,3 % par an) et permettent ainsi de contenir le RAC final des Français. Sur le RAC hospitalier laissé après intervention de la sécurité sociale (396€), les mutuelles en remboursent 90 %, ce qui laisse le RAC final à 40 euros.

Yves Perrin explique par ailleurs que le 1er novembre 2019, la CMU-C (couverture maladie universelle complémentaire) et l’ACS (aide au paiement d'une complémentaire santé) deviennent la "Complémentaire santé solidaire". C’est une aide qui concerne les personnes aux ressources modestes : selon vos ressources, elle ne coûte rien ou coûte 30€ par mois et par personne. Yves Perrin explique que c’est un système qui est sera peut-être peu rentable : "c’est une expérience à risque, mais qu’on a décidé d’expérimenter quand même, car ce n’est pas mutualiste d’abandonner les adhérents".

La réforme santé, quels enjeux ?

Les mutuelles jouent un rôle important dans la couverture des dépenses hospitalières, mais elles font face à des difficultés selon Yves Perrin. "Il existe un panel très large de complémentaires santé (mutuelles, assurances privées, institutions de prévoyance) et beaucoup de gens optent pour une protection sociale en fonction de valeurs, or on ne peut pas rester sur des schémas anciens, aujourd’hui c’est surtout une question de sens", explique-t-il.

Pour la Mutualité française, il serait nécessaire que les gens soient tous rattachés à la Sécurité sociale et optent pour une mutuelle. Si les gens continuent de se tourner vers les assurances privées, les pouvoirs publics vont continuer de diminuer les aides versées aux mutuelles pour gérer un adhérent à l’année (32€ qui doit passer à 28€ d’ici 2021) sachant que ce même adhérent coute en moyenne entre 50 et 60€ à l’année. "Le vrai problème c’est qu’il n’y a pas d’adéquation entre ce qu’on nous verse et ce que ça nous coute en interne (…), mais si tout le monde va à la sécurité sociale ça aura moins de répercussions pour nous", précise Yves Perrin. Autre préoccupation : la question des urgences.

Le président de la Mutualité française Auvergne-Rhône-Alpes explique : "il ne faut pas l’aborder uniquement par le prisme des moyens, il faut changer l’organisation des soins, l’accès aux urgences (…) 30 % des hospitalisations ce sont des personnes âgées, car elles ne sont prises en charge nulle part, donc il faudrait déjà réduire ce pourcentage pour limiter les dépenses. Sachant que seulement 34 % des Français pensent que les urgences fonctionnent bien, la réforme de l’hôpital apparaît comme le véritable enjeu.

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12 commentaires
  1. Galapiat - 29 octobre 2019

    1000€ de dépassement bien que l'intervention ait lieu en CHU, la sécu rembourse sur la base de 295 €, la mutuelle ne donne rien le chirurgien n'ayant signé aucun accord ni OPTAM (option pratique tarifaire maitrisée). donc reste à charge 705€. Pour info la mutuelle a augmentée ses tarifs de 5% passant de 2160€ en 2018 à 2268€ en 2019.

    1. Abolition_de_la_monnaie - 29 octobre 2019

      C'est le bazar avec le fric hein ? ça crée des tensions, des jalousies, ça crée des injustices, des morts quand y'a des problèmes de budget... mais on va continuer à l'utiliser hein ? En réformant ?! Jusqu'à la fin de l'humanité ! Histoire de vérifier si nous sommes des abrutis et qu'en répétant une expérience plusieurs fois, ça peut peut-être un jour donner un résultat différent ! 😀

      1. vieux caladois - 29 octobre 2019

        vous pouvez traduire votre charabia que seul vous comprenez ? le sujet est la prise en charge des dépenses de santé et notamment les dépassements non remboursés par les complémentaires mais peut-être que votre collapsologie est remboursée à 100%...

        1. Abolition_de_la_monnaie - 29 octobre 2019

          Traduction pour la personne qui a du mal avec les discours autres que démagogiques :
          " bonne continuation dans votre recherche utopique de solution harmonieuse dans un monde monétaire où pour donner à l'un, il faut prendre à l'autre, donc guerre obligatoire. "

  2. Galapiat - 29 octobre 2019

    Vieux C..c'est pourtant clair pour qui sait lire, le chirurgien demande 1000€ en plus de l'acte qui est pris en charge 295€, , (sécu et mutuelle) . Pour avoir une prise en charge il fallait que le chirurgien adhère à l'accord OPTAM ce qui reste de sa seule décision.La solution existe changer de chirurgien, Déjà confronté en 2015 pour une intervention sur les carotides , c'était 1500€ de ma poche ou pris totalement en charge!! mais avec attente de 3 mois. Mais ce n'est pas ton problème.

    1. vieux caladois - 30 octobre 2019

      mon commentaire s'adressait à l'aboli !!! faut prendre votre temps pour lire ! d'autant plus que j'ai déjà été moi-même été sujet aux mêmes problèmes ! alors votre attaque : refusée car ne me concerne pas ...certes on peut obtenir un complément de remboursement par les mutuelles...à condition d'avoir un contrat très cher !

  3. Galapiat - 30 octobre 2019

    désolé je ne lis pas entre les lignes, même avec un contrat hors de prix si le praticien n'a pas signé d'accord la mutuelle ne complète pas où alors il vaut mieux pas de mutuelle et régler les frais en direct sachant que les interventions critiques, pontages sont prises à 100/100. L'abo c'est échappé de quel hosto psy ? il conviendrait de l’y raccompagner avant qu'il ne nous fasse une crise plus grave.

    1. vieux caladois - 30 octobre 2019

      voilà ! on est bien d'accord ! j'ai eu la curiosité de regarder de près les conditions de ma mutuelle quant aux promesses de 100% sur lunettes, dents etc...et bien ils confirment pour 2021 ! un exemple des délires de remboursements : une personne handicapée de naissance est prise en charge sécu à ...70 % et si cela avait été un accident ce serait 100 % ! quant à l'aboli il souffre d'une maladie contagieuse moderne : la collapsologie...

      1. Abolition_de_la_monnaie - 30 octobre 2019

        Toujours amusant de vous voir qualifier de maladie et de renier l'idée d'un effondrement (collapsologie) alors que vous êtes en train de démontrer par vos écrits l'effondrement du système de sécurité sociale.
        🙂
        .
        (et dire aussi que vous me demandez si "je bois" sur l'article lyoncapitale.fr/actualite/lyon-il-fait-fuir-des-voleurs-ils-reviennent-se-venger ) 😀

  4. Galapiat - 30 octobre 2019

    abo: ce n'est pas la Sécu qui s'effondre, c'est ce qu'une équipe de voyous financiers en fait.Rendez la gestion à ceux qui la finance, terminons en avec les promesses de créations d'emplois sous conditions d'exonération, etc , tu te rendra compte que la Sécu , (appelée à sa création primaire par le monde salarié "Assurances Sociales) en 1930 est parfaitement viable. Il va en être de même pur les mutuelles passant petit à petit sous le contrôle de grands groupes avec pub télé dépliants publicitaires, et toute une tripotée de "gestionnaires". Pour la gratuité des dents, des lunettes, c'est pour........demain, sachant que demain ce sera pour demain.

    1. Abolition_de_la_monnaie - 30 octobre 2019

      Je n'ai pas le même optimisme que vous. Depuis 1930 l'échelle des âges n'est plus la même, la robotisation et l'informatisation ne sont pas "pareil", les gains de productivités ont aussi augmenté grâce aux "esclaves énergétiques", les machines pour soigner sont de plus en plus cher, etc.
      Alors les "libéraux" sabotent aussi la sécu, c'est entendu. Mais ne vous leurrez pas sur les chiffres : l'équation est devenue intenable et la technique de "rejeter la faute sur les autres" est la technique aussi employée par ceux en face de vous.

      1. vieux caladois - 30 octobre 2019

        j'attends toujours une explication quant à votre insulte : je ne suis pas comme vous à militer pour les milices de citoyens armés

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