Le train hanté de la Vogue des marrons de Croix-Rousse à Lyon. C.Belsoeur / Lyon Capitale

REPORTAGE. "Cette année, j'ai l'impression qu'Halloween dure quatre jours"

Ce lundi 31 octobre, c'est Halloween. Mais comment les Lyonnais célèbrent-ils la fête des citrouilles en 2022 ? Reportage entre le comptoir d'un bar et les wagons d'un manège hanté.

Sur le marché immobilier que vaudrait un fonds de commerce "Halloween" ? Est-ce des ballons orange et noir et une tête de citrouille allumée de lampions placés sur la devanture d'une boutique attireraient plus de clients à l'année ? Nous n'aurons sans doute jamais la réponse à cette question, mais ce lundi 31 octobre à Lyon, le bar La Taverne du Perroquet s'attend à connaître une affluence digne d'un samedi… grâce à son événement spécial "Halloween". "Avec les trois bars de la rue, L'Abreuvoir et le Manneken-Pis, on fait un partenariat. Le client qui commande un mètre de shot chez nous se voit offrir un shot dans l'un des autres bars", sourit Paul Eloi, chef barman de l'établissement situé dans la rue Sainte-Catherine .

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Cette année, le point fort de la fête anglo-saxonne qui a débarqué en France dans les années 1990, c'est de se situer au milieu d'un week-end de quatre jours avec le pont de la Toussaint. "J'ai l'impression qu'Halloween dure quatre jours cette année, alors que l'an passé c'était juste une soirée. Dès vendredi soir, on avait des gens déguisés dans la rue et dans le bar et ce lundi soir ça va être encore être le cas", poursuit Paul Eloi, qui a lui-même fait appel à une maquilleuse professionnelle pour grimer son équipe en troupe d'épouvante. "Moi, je me mets des cicatrices sur le visage et des vêtements déchirés". 


"Si on fait encore plus peur aux gens dans notre manège, on n'aura plus d'enfants"

Eddy Gevar, forain de la Vogue


Dans la sombre Taverne du Perroquet, un pub en sous-sol d'un vieil immeuble, des toiles d'araignée pendent au-dessus du comptoir du bar. En plus de déguiser son équipe, Paul Eloi a fabriqué un cocktail spécial "Halloween" qu'il fait mijoter depuis trois mois. Les ingrédients sont tenus secrets, mais l'élixir porte le nom assez parlant de "Pierre tombale".

En haut de la colline de La Croix-Rousse, l'ambiance est plus enfantine à la Vogue des marrons. La fête foraine vieille de plus de 150 ans est ancrée depuis bien plus longtemps qu'Halloween dans le paysage lyonnais. Le soir, le public se presse davantage pour les manèges à sensations fortes que pour rencontrer la magie d'Halloween. "La Vogue revient tous les ans à la même période et Halloween tombe pendant que nous sommes là à l'automne. La tradition c'est la Vogue plus qu'Halloween", sourit Eddy Gevar, le patron du train de la mine "Stab3". Il a pourtant décoré son attraction aux couleurs de la fête de l'épouvante. Les clients doivent se faufiler entre les mailles d'une toile d'araignée pour accéder au petit train.

Mais le curseur n'est pas poussé à fond. "Si on fait encore plus peur aux gens dans notre manège, on n'aura plus d'enfants. Donc ce n'est pas ce qu'on veut faire. Et puis on n'a pas le droit de crier ou de mettre de la musique après 23 heures. La Vogue ne prévoit pas non plus d'événements spéciaux pour Halloween", note le forain, qui vient à La Croix-Rousse depuis un quinzaine d'années.

Un manège décoré pour Halloween à la Vogue de La Croix-Rousse à Lyon. C.Belsoeur / Lyon Capitale

Le bal des petits monstres

À quelques dizaines de mètres de là, les animateurs d'un centre aéré de Saint-Genis-Laval encadrent un groupe d'enfants. Plusieurs jeunes sont maquillés ou déguisés en monstres. "On fait des sorties sur la thématique des parcs d'attractions cette année, donc on est venu à la Vogue aujourd'hui. Les gamins sont heureux de se déguiser pour Halloween, mais on n'est pas venu spécialement à cette occasion", glisse l'un des animateurs". Dans le temple "IndianaJ", les enfants se poursuivent entre les murs de glace et les ponts de singe.

Des adultes déguisés débarqueront sans doute en plus grand nombre dans la soirée. À la boutique de location de déguisements FETA, sur les quais de Saône dans le 2e arrondissement, les employés sont débordés. "On a autant de monde que d'habitude pour des déguisements pour Halloween", glisse l'un des vendeurs au téléphone. Il se dit complètement débordé et n'a pas trop le temps d'en dire plus. La passion du déguisement pour Halloween est toujours vivace.

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