Régionales à Lyon, pour David Kimelfeld : "La gauche sociale-démocrate doit se réveiller"

David Kimelfeld, ancien président LREM de la métropole de Lyon, a décidé de soutenir Najat Vallaud-Belkacem pour les élections régionales. Un choix que l’ancien patron des socialistes du Rhône justifie par le programme de la candidate PS. Il avoue aussi s’être trompé sur La République en Marche et constate l’échec dû “en même temps”.

Vous aviez adhéré à La République en Marche dont vous briguiez l’investiture pour les élections métropolitaines du printemps dernier. Pourquoi avez-vous décidé de soutenir Najat Vallaud-Belkacem pour les élections régionales ?

Je viens de la gauche et du PS. La gauche sociale-démocrate doit se réveiller. Je considère qu’il est important que dans notre région, Najat Vallaud-Belkacem soit devant la liste écologiste au soir du premier tour. Elle propose un programme qui me semble plus équilibré en matière d’emplois, de justice sociale et de transition écologique. Je me retrouve dans ses propositions. Je m’engage donc, mais à titre personnel et non pas au nom de mon groupe à la métropole où siègent, par exemple, des députés LREM qui soutiendront Bruno Bonnell.

Votre nom avait longtemps circulé pour être candidat de La République en Marche lors de ces élections régionales. Votre soutien à Najat Vallaud-Belkacem est-ce un coup de pied de l’âne pour ne pas avoir été investi aux métropolitaines de l’an dernier voire à ce scrutin ?

Je n’ai jamais été intéressé par les élections régionales. Mon nom a circulé et certains m’ont fait des propositions. Mais je ne suis plus en phase avec LREM et je l’avais d’ailleurs exprimé pendant la campagne des métropolitaines.


"Je me suis trompé sur le clivage gauche-droite"


Qu’est-ce qui motive cette rupture avec Emmanuel Macron que vous aviez soutenu en 2017 ?

Le sens de mon combat politique depuis toujours, c’est l’antiracisme et la lutte contre l’extrême droite. Je trouve mortifère le jeu malsain de LREM qui tente de fragmenter Les Républicains pour s’assurer qu’il y aura bien un match entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen au second tour de la présidentielle en 2022. Nous voyons d’ailleurs premiers résultats qui commencent à poindre. À jouer, par cynisme, ce jeu malsain en PACA, ils sont en train d’installer Thierry Mariani (candidat RN, NDLR) comme futur président de région. En région centre, des sondages commencent à donner le RN en tête. Si on se réveille le 28 juin avec trois régions gouvernés par l’extrême droite, le débat pour la présidentielle ne sera plus le même… On ne joue pas avec le RN. C’est l’une des raisons qui m’éloigne de la République en marche et d’Emmanuel Macron. Entre 2002 et aujourd’hui, nous sommes passés de la sidération d’avoir Jean-Marie Le Pen présent au second tour à un président de la République qui cherche une stratégie pour avoir une finale face à Marine Le Pen.

Comptez-vous retourner au PS et dans le clivage gauche-droite que vous sembliez avoir aboli ?

Mon soutien à Najat Vallaud-Belkacem n’est pas du tout un réengagement au PS. Je ne suis pas dans des logiques d’appareil. Najat Vallaud-Belkacem porte un programme équilibré. Plus globalement, je suis inquiet des glissements qui s’accélèrent dans le discours politique vers une lepénisation des idées. Je pense que je me suis trompé sur le clivage gauche-droite. Sur des politiques territoriales, nous pouvons travailler avec des gens de gauche comme de droite, mais ça ne marche pas au niveau national. J’en avais marre d’un fonctionnement qui consistait à dire qu’une proposition était nulle elle était portait par la droite et que moi j’appartenais à la gauche. Mais dans les faits, cela ne fonctionne pas.

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