Andrea Kotarac, candidat RN aux élections régionales © Antoine Merlet

Régionales à Lyon : ce qu'il faut savoir sur Andrea Kotarac (RN)

Alors que le Rassemblement national réalise  historiquement de bons scores aux élections régionales, Andréa Kotarac et sa liste peinent à exister face à Laurent Wauquiez qui chasse leurs électeurs.

Avant d’en arriver à mener la liste du Rassemblement national aux élections régionales, Andréa Kotarac a suivi un itinéraire tortueux. Il s’est lancé en politique à la fin des années 2000 en militant contre l’extrême droite, allant même jusqu’à faire le coup de poing aux abords de Lyon 3. Lors des régionales de 2015, il menait la liste d’union des écologistes et des Insoumis dans la métropole de Lyon. Il est entre-temps et à grand bruit passé de La France insoumise au Rassemblement national à quelques jours des élections européennes de mai 2019. Ses adversaires ne manquent jamais une occasion de souligner la singularité de ce parcours et de questionner sa sincérité. Laurent Wauquiez pointe par exemple sa participation à une manifestation au mont Mézenc, aux confins de l’Ardèche et de la Haute-Loire, pour demander à la région d’accueillir des migrants. Dans cette campagne, Laurent Wauquiez chasse ainsi sur les terres du RN.

Rompre l’isolement

Andréa Kotarac déroule désormais les éléments de langage du parti de Marine Le Pen avec la même verve qui l’animait lors de ses années mélenchonistes. De celles-ci, il a gardé quelques réflexes oratoires, utilisant par exemple le mot “prolétaire” qui n’appartient pas vraiment au champ lexical de l’extrême droite. Régulièrement questionné sur son changement de pied atypique, Andréa Kotarac se justifie en sortant du clivage gauche-droite auquel il a été biberonné pour évoquer une fracture qui s’opère dorénavant entre les mondialistes et les localistes. “La France insoumise a beaucoup changé. Ce n’est pas moi qui ai changé”, martèle-t-il.
Par son parcours, Andréa Kotarac incarne un RN qui cherche désormais à rompre son isolement politique pour tenter d’apparaître comme un parti de gouvernement. “Nous avons des professeurs de maternelle, de primaire, de collège et même de lycée”, souligne Andréa Kotarac. Ce milieu est longtemps resté imperméable à l’extrême droite. Stéphane Blanchon, récent soutien, conseiller technique au ministère de la Santé et syndicaliste UNSA (il a depuis été exclu), mènera la liste dans la Drôme. Le RN annonce de futurs ralliements venus de l’administration française ou européenne. “Le RN est face au défi de gouverner des collectivités”, avance Andréa Kotarac.

Un scrutin favorable

Dans les sondages, le chef de file régional ne semble pas en mesure de le relever. Andréa Kotarac arriverait en deuxième position au premier tour mais très loin du score réalisé par Christophe Boudot en 2015. Aux élections métropolitaines, le profil de l’ancien Insoumis n’avait pas séduit les électeurs frontistes. Le parti avait subi un revers cuisant. Andréa Kotarac ambitionnait d’envoyer dix élus du RN au conseil métropolitain. Ses listes feront moins bien qu’en 2014 et l’extrême droite n’a plus de représentants au conseil métropolitain comme à la Ville de Lyon. Les élections régionales pourraient être plus favorables au RN. Ce scrutin à la proportionnelle leur réussit habituellement mieux. La part des électeurs urbains, les moins sensibles aux idées du parti de Marine Le Pen, est noyée dans l’immensité d’une région comprenant de nombreuses zones périurbaines qui constituent le principal électorat du RN.

Bio express

Andréa Kotarac,
32 ans
• Né à Thonon-les-Bains
• Mandat actuel : aucun
• Ancien mandat : conseiller régional (LFI) de 2015 à 2019
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